Le Manufacturing à l’aube d’une ère nouvelle

Selon l’étude de notre confrère CapGemini Consulting et deux ans après la précédente étude “Are Manufacturing Companies Ready to Go Digital?” (2012) à propos des progrès de la transformation digitale des entreprises manufacturières, la position des entreprises a changé radicalement, passant de l’ignorance et du déni de l’impact des technologies digitales à la reconnaissance de la nécessité de digitaliser.

La transformation digitale est désormais vue comme essentielle pour assurer une compétitivité durable et un levier de croissance à moyen et long terme.

A l’origine de ce revirement, les premiers succès des pionniers qui leurs confèrent des avantages substantiels, de nature à remettre en question les paramètres traditionnels au sein des secteurs, ainsi que la diffusion de travaux d’associations professionnelles et think tank à propos de la prochaine révolution industrielle (industrie 4.0 ou smart manufacturing).

Malgré ce revirement d’opinion, la maturité digitale dans les entreprises manufacturières reste très faible.

Sur une échelle de 1 à 7, représentant respectivement une maturité très faible à très forte, l’industrie manufacturière ne dépasse guère la note de 3 sur les neuf axes étudiés, sauf pour l’excellence opérationnelle.

Le rapport de 32 pages au format PDF est disponible en ligne : http://www.de.capgemini-consulting.com/resource-file-access/resource/pdf/digitizing-manufacturing_0.pdf
Adaptation et traduction, Christian HOHMANN

industrie 4.0

Qu’est-ce qu’industrie 4.0 ?

L’expression « Industrie 4.0 » désigne la quatrième révolution industrielle, succédant aux trois phases d’évolution majeures qualifiées de révolutions : la mécanisation, l’industrialisation, l’automatisation.


D’autres auteurs mettent en avant trois phases qui se distinguent par :

1. la machine à vapeur, qui permet d’utiliser une énergie non musculaire (humaine ou animale) et qui affranchit l’entrepreneur de s’installer à proximité d’un cours d’eau, l’énergie hydraulique étant la principale source d’énergie « industrielle » jusque-là

2. l’électricité, qui permettra des rendements énergétiques plus importants que la vapeur et ouvre des possibilités d’applications et conversions autres que mécaniques ou thermiques

3. l’automatisation, qui remplace l’humain dans des tâches répétitives, dangereuses et qui symbolise l’effet ciseau des coûts entre les technologies et l’emploi humain

La quatrième révolution est celle des ressources interconnectées et communicantes et de l’analyse des données. Industrie 4.0 est une révolution technologique par laquelle Internet est appelé à remplacer les bus industriels pour interconnecter les machines et équipements.

Les objets communiquants (Internet des objets), en l’occurrence des ébauches de pièces ou de la matière première (smart materials) vont dialoguer avec les machines et leur indiquer quelles transformations, traitements ou tests ils doivent subir.

Les machines du processus de production ne sont plus pilotées à partir d’une centralisation (supervision ou simplement planning de production), mais seront configurées et pilotées par les objets qui se présentent à elles. Chacun de ces « objets » emportant avec lui les informations le concernant.

Chaque objet est en principe déjà commandé et les informations qu’il véhicule incluent sa destination finale ; dans quel véhicule précisément cette pièce sera montée, quel individu doit le recevoir en livraison, quelle boutique de vente est destinatrice, etc.

La force de ce modèle est de rendre la production unitaire possible à des conditions économiquement viables, ce qui est convergent avec l’idée de « production de masse de produits uniques ».