L’Europe finance une imprimante 3D alimentaire à destination des personnes âgées

Une étude a récemment montré qu’une personne sur cinq au delà de 50 ans était atteinte de dysphagie, c’est à dire de troubles de la déglutition lors d’un repas. Ces troubles peuvent avoir des conséquences graves comme des insuffisances respiratoires. Dans les maisons de retraite, ce problème atteindrait même 60% des résidents. C’est pour lutter contre ce phénomène que le projet PERFORMANCE a été lancé en 2012. Parmi les différentes recherches, on retrouve le développement d’une imprimante 3D alimentaire capable de produire des plats spécifiques pour les maisons de retraite.

>lire l’article sur le site http://www.3dnatives.com/

Le premier crâne imprimé en 3D implanté sur une patiente

Une patiente atteinte d’une maladie rare, ayant pour conséquence un épaississement de sa boîte crânienne causant une trop forte pression sur le cerveau, s’est vu implanter une boite crânienne imprimée en 3D.

>Lire l’article original

source : http://www.3dnatives.com/crane-imprime-3d/

Silver économie, relais de croissance ? Partie 3

Les freins au développement de la Silver économie

Dans le cadre des travaux récents (2012) autour des technologies pour l’autonomie, destinés à cadrer la nouvelle filière, sept freins à l’émergence de la Silver économie ont été identifiés.

Ces freins devront être levés pour que la filière réalise son plein potentiel.


L’offre

Les acteurs privés sont aujourd’hui soit des grands groupes hésitant à investir sur des marchés trop étroits (pas d’économie d’échelle envisageable à court terme), soit des PME ou startups n’ayant pas la capacité de produire en masse pour imposer un produit. Le réseau des acteurs privés doit s’étoffer d’entreprises de taille intermédiaire afin de stabiliser l’écosystème en cours de construction.

Le financement de la demande

La demande est aujourd’hui insuffisamment solvable : malgré le pouvoir d’achat important des seniors, le prix des nouveaux services et produits (téléassistance, e-santé par exemple) reste important. Il est donc nécessaire de redéployer les dispositifs de financement existants (l’Aide Personnalisée à l’Autonomie principalement) et d’en créer de nouveaux via, par exemple, l’assurance obligatoire.

La distribution

La Silver économie manque de distributeurs spécialisés, ce qui occasionne des travers (faible mise en concurrence des produits induisant des prix élevés). En attendant la construction de véritables réseaux de distribution, l’internet et les acteurs déjà impliqués (assureurs via des garanties étendues et avec l’aide de réseaux partenaires par exemple) devront assurer l’intérim.

La communication

Aujourd’hui, la communication sur le secteur est, de l’avis général, déficiente, en particulier concernant les technologies de l’autonomie. Ceci est vrai tant du point de vue des personnes âgées que de celui des familles (les « aidants »). Faire découvrir les nouveaux services et les produits innovants est un point clé pour développer la demande.

Le financement de l’offre

Le ticket d’entrée -ou Equity Gap- sur le secteur est important. Il est de 100 000 à plusieurs millions d’€ de fonds propres à investir pour espérer lancer sur le marché un bien ou un service innovant. Les fonds manquent aujourd’hui et il sera nécessaire d’attirer de nouveaux investisseurs.

La labellisation

Le manque de labels nuit aujourd’hui à la lisibilité de la filière

L’organisation

A partir d’un mélange typiquement français d’acteurs représentants de l’Etat (tant au niveau national que local), de sociétés privées à la pointe de la technologie, de structures de pilotage de la Sécurité Sociale et de la Santé Publique, de multiples syndicats ou d’associations défendant les intérêts des consommateurs et des personnes âgées, la filière tente de se doter d’une gouvernance réaliste, efficace et suivant une politique commune.


De nombreux acteurs ajoutent à ces freins l’image péjorative portée par le vieillissement en France : c’est un sujet qui reste tabou pour notre société…

Peut-être le résultat d’un sentiment collectif de culpabilité: nous occupons-nous vraiment correctement de nos « seniors » ?

Dans un prochain billet, nous parlerons du plan d’action pour développer le secteur et des initiatives concrètes qui sont menées actuellement au niveau national et régional. Nous détaillerons également les services et biens qui sont identifiés aujourd’hui comme faisant partie de la Silver Economie.

>Partie 1 >Partie 2 >Partie 3


Guillaume PERRET du CRAY est Manager Assurance et Protection Sociale au sein du cabinet ANEO

Silver economy, relais de croissance ? Partie 2

L’impact économique des seniors

La population des « seniors actifs » – en majorité constituée des baby-boomers – présente aujourd’hui des caractéristiques inédites face aux problématiques liées au vieillissement :

  • Une espérance de vie supérieure à celle des générations précédentes (plus de dix ans en un demi-siècle)
  • Un revenu supérieur à la moyenne des ménages (de 30 % – source CREDOC), qui s’est multiplié par 7 en vingt ans et qui progressera encore dans les années à venir
  • Un patrimoine (60 % du patrimoine des ménages et 75 % du portefeuille boursier), et un taux d’épargne élevé, de l’ordre de 28 % des ressources pour les couples – source CREDOC
  • Une consommation supérieure à la moyenne (en 2015 elle représentera 54 % des dépenses des ménages – source CREDOC)
  • Des aspirations fortes pour mettre à profit ses ressources afin de réaliser des projets personnels (socioculturels, loisirs, sports)

Comme on peut le voir, les estimations indiquent que cette population assurera une majorité des dépenses sur les différents marchés à compter de 2015 : 64% pour la santé, 60% pour l’alimentation, 58 % l’équipement, 57 % les loisirs, 56 % des dépenses d’assurance… Ce sont par conséquent les âgés qui détermineront une large majorité de la consommation française, à comparer avec leur poids démographique d’environ 40%.

Silver economy2

Illustration (source CREDOC) : part des dépenses des seniors en %

Au-delà du pouvoir économique des seniors, le marché de l’autonomie et de la dépendance (touchant les seniors les moins autonomes – voir la classification plus haut) occupe déjà une place considérable dans l’économie française.

Il est ainsi estimé qu’en 2010 ce marché a représenté un total de 31 milliards d’euros (soit 1,6 % du PIB), dont 24 milliards correspondaient à des dépenses publiques (prise en charge santé, Aide Personnalisée à l’Autonomie, aide pour l’hébergement) et 7 milliards à des dépenses privées.

Avec l’évolution démographique envisagée, le marché pourrait augmenter de 0,8 points de PIB à horizon 2040, soit un total de 2,4 % du PIB.

L’ensemble de ces éléments nous dresse un tableau prometteur du potentiel de la Silver économie, il est donc légitime de se demander pourquoi le sujet n’a pas été pris jusqu’ici à bras le corps par l’Etat et les entreprises privées.

>Partie 1 >Partie 2 >Partie 3


Guillaume PERRET du CRAY est Manager Assurance et Protection Sociale au sein du cabinet ANEO

Les technologies de pharma 3.0

Pharma 3.0 désigne, entre autres, l’interaction des consommateurs et patients avec les acteurs de la santé, ces derniers n’étant plus uniquement les acteurs traditionnels comme les laboratoires pharmaceutiques.

Illustration dans la vidéo ci-dessous

(source : http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/culture-geek/culture-geek-veiller-a-sante-chez-soi-21-02-178996/)


Imprimez vos dents

L’impression 3D ouvre de nouvelles perspectives enthousiasmantes, mais l’arrivée rapide de ces nouvelles techniques et le foisonnement des nouvelles possibilités offertes vont également bouleverser des secteurs d’activité, voire remettre en cause certains métiers.


L’orthodontie en impression 3D




>Lire une analyse sur l’impression 3D, innovation de rupture

Pharma 3.0

L’industrie pharmaceutique, longtemps épargnée des bouleversements qui affectaient d’autres secteurs d’activité plus exposés à l’hyperconcurrence et aux effets de la globalisation, se trouve à son tour obligée de revoir ses business models, son approche de la productivité, ses modes de distribution et sa communication / interaction avec le public.


Pharma 1,2, 3.0

Selon une étude du cabinet Ernst & Young, le modèle dit Pharma 1.0 correspond au modèle d’intégration verticale centré sur les blockbusters, les médicaments vedettes à grosses ventes et gros revenus.

Le modèle Pharma 2.0 est celui des laboratoires qui ont diversifié leur portefeuille d’activités en incorporant les médicaments génériques, les vaccins, des produits destinés à la santé animale, etc. et étendu leurs marchés aux pays émergents. Pharma 2.0 porte également des changements concernant la productivité et la performance financière au travers notamment de réorientations ou focalisations sur la « recherche de thérapies plus ciblées, la mise en place d’unités de R&D plus autonomes et plus souples, le développement de partenariats avec des sociétés de biotechnologie et des universités et l’externalisation de nombreuses fonctions ».

Alors même que les laboratoires pharmaceutiques continuent à mettre en œuvre des stratégies pour rester dans la course du modèle Pharma 2.0, leurs efforts pourraient bien être dépassés par un écosystème Pharma 3.0, où évoluent aux côtés des entreprises pharmaceutiques, des sociétés venant d’autres secteurs et des consommateurs de plus en plus avisés.
Source: http://www.ey.com/FR/fr/Industries/Life-Sciences/Progressions—Pharma-3

Pharma 3.0 (terminologie introduite par Ernst & Young) est une orientation stratégique pour les acteurs du secteur qui :

  • se focalise sur les patients, les consommateurs
  • engage des partenariats avec des acteurs non traditionnels du secteur
  • prend en compte les technologies et potentialités des applications mobiles

Pharma 3.0 n’est plus une affaire de seuls « pharmaciens » traditionnels car le public devient une partie prenante active au travers des réseaux sociaux, plus exigeante du fait de sa meilleure information et du sens critique partagé sur les réseaux.

Les autorités de tutelle, les sociétés d’assurance (mutuelles par exemple) ou les organismes tels que la sécurité sociale en France ont un regard plus critique sur les promesses des solutions proposées et sur le rapport bénéfice/coût. Ceci du fait des impératifs économiques mais également sous la pression sociétale.

De nouveaux acteurs du monde technologique tendent à proposer des solutions santé telles que le monitoring, la surveillance de paramètres à l’aide d’objets connectés ou l’exploitation des big data obligent les acteurs traditionnels du secteur pharma à revoir leur business model à nouveau.

Source: EY

Santé : faire le pari de l’innovation (Institut Montaigne)

Alors que les objectifs de sécurité nationale et industrielle sont gérés de concert dans le secteur de la défense, celui de la santé voit sa gouvernance éclatée en France. D’où une difficulté à rester compétitive mondialement, relève un rapport de L’Institut Montaigne, dévoilé en exclusivité par L’Usine Nouvelle.

Rapport innovation en santé

Healthcare, les initiatives françaises

ANAPEn 2009, trois entités GMSIH, MAINH et MEAH, sont regroupées avec des compétences complémentaires pour former l’ANAP (Agence Nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux). l’Agence vient en appui des établissements de santé et médico-sociaux pour améliorer leur performance dans le cadre de la réforme du système de santé en France.

La mission de l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux est d’apporter un appui concret à l’amélioration des organisations de santé.

En savoir plus


ARSL’Agence Régionale de Santé est chargée de mettre en œuvre la politique de santé publique au niveau régional.Les ARS ont été créées afin d’assurer un pilotage unifié de la santé en région, de mieux répondre aux besoins de la population et d’accroître l’efficacité du système.

Les Agences Régionales de Santé ont pour mission d’assurer, à l’échelon régional, le pilotage d’ensemble de notre système de santé. Elles sont responsables de la sécurité sanitaire, des actions de prévention menées dans la région, de l’organisation de l’offre de soins en fonction des besoins de la population, y compris dans les structures d’accueil des personnes âgées ou handicapées. Elles garantissent une approche plus cohérente et plus efficace des politiques de santé menées sur un territoire et permettent une plus grande fluidité du parcours de soin, pour répondre aux besoins des patients.


Virginia Mason

Lean à l’hôpital, s’inspirer de l’exemple Toyota

Associer les méthodologies issues de l’industrie automobile au monde hospitalier peut sembler contre nature, tant en France ce secteur est (encore) nimbé d’une aura particulière. Cette association a pourtant été faite, au plus grand bénéfice des patients et des établissements dans différents pays.


En 2005, je découvrai un article paru dans le très sérieux Washington Post, titrant « Toyota Assembly Line Inspires Improvements at Hospital »  (Les lignes d’assemblages de Toyota inspirent des améliorations à l’hôpital).

Virginia Mason Medical Center

Dans cet article, Ceci Connolly (Washington Post Staff Writer) décrit le parcours long, peu plaisant et répétitif d’un patient traité pour un cancer au sein de l’hôpital Virginia Mason Medical Center de Seattle (350 lits, 5.000 employés alors).

Ce parcours éprouvant est peu en ligne avec une qualité d’accueil et de soins qu’un patient est en droit d’attendre. Conscient du fait, l’établissement de Seattle comme d’autres cherchent à améliorer leur « performance » tout en maitrisant les budgets. Dans un contexte de vieillissement de la population et renchérissement des coûts de santé, cette amélioration n’est plus une option, mais une nécessité.

Alors que de nombreux établissements se tournent vers les technologies de l’information ou poussent les coûts vers les patients, l’hôpital Virginia Mason ose l’innovation en s’inspirant des concepts Lean.

L’article détaille ensuite la chimiothérapie telle que la voient les patients après réorganisation avec les bénéfices associés : moindres efforts et fatigue à parcourir les services, peu à pas d’attentes, locaux plus fonctionnels et plus accueillants.

Pour l’établissement le bilan de l’inspiration des principes Lean est digne des success stories relatées dans d’autres secteurs d’activité :

  • Économie de 6 million de $US d’investissements rendus inutiles
  • 13.000 pieds carrés de surface récupérée (environ 1.207m²)
  • Réduction des coûts liés aux stocks de 360.000 $US
  • Réduction des distances parcourues par le personnel de 34 miles (env. 55km) par jour
  • Réduction du temps de récupération de documents
  • Moindres taux d’infections
  • Création de nouvelles activités et le plus important probablement, une amélioration notable de la satisfaction des patients.

L’article du Washington Post détaille quelques exemples dans l’approche et le choix des thèmes de travail, ainsi que de petites actions simples, peu coûteuses mais aux effets très importants.

L’expérience cumulée de cinq années de transformation Lean à Virginia Mason est relatée dans un livre paru en Octobre 2013 chez Productivity Press : Accelerating Health Care Transformation with Lean and Innovation: The Virginia Mason Experience.

Virginia Mason a créé un institut « Virginia Mason Institute » en 2008 pour répondre à la demande des acteurs du secteur à partager l’expérience acquise. En 2013, plus de 5.000 personnes de 19 pays ont bénéficié des programmes de formation autour du Virginia Mason Production System (VMPS).

Par ailleurs, Virginia Mason communique via son blog : http://virginiamasonblog.org/


Si assembler des voitures à la chaine a a priori rien à voir avec le soin de patients, cette expérience démontre que de s’inspirer des méthodes industrielles peut conduire à de francs succès pour toutes les parties prenantes.


Christian HOHMANN, auteur de Lean Management, est référent Lean au sein d’ANEO

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