L’Europe finance une imprimante 3D alimentaire à destination des personnes âgées

Une étude a récemment montré qu’une personne sur cinq au delà de 50 ans était atteinte de dysphagie, c’est à dire de troubles de la déglutition lors d’un repas. Ces troubles peuvent avoir des conséquences graves comme des insuffisances respiratoires. Dans les maisons de retraite, ce problème atteindrait même 60% des résidents. C’est pour lutter contre ce phénomène que le projet PERFORMANCE a été lancé en 2012. Parmi les différentes recherches, on retrouve le développement d’une imprimante 3D alimentaire capable de produire des plats spécifiques pour les maisons de retraite.

>lire l’article sur le site http://www.3dnatives.com/

Matériau antibactérien activée par la lumière

Lu sur le site de R&D mag : la première surface antimicrobienne activée par la lumière fonctionnelle également dans l’obscurité.

Des chercheurs de l’University College de Londres ont mis au point un nouveau matériau antibactérien aux propriétés très intéressantes pour lutter contre les infections nosocomiales. Il combine deux colorants avec des nanoparticules d’or, fatal aux bactéries lorsqu’il est activé par la lumière, même sous un éclairage ambiant faible. Ses propriétés antibactériennes demeurent impressionnantes dans l’obscurité totale.

>Lire l’article (en anglais)

Le premier crâne imprimé en 3D implanté sur une patiente

Une patiente atteinte d’une maladie rare, ayant pour conséquence un épaississement de sa boîte crânienne causant une trop forte pression sur le cerveau, s’est vu implanter une boite crânienne imprimée en 3D.

>Lire l’article original

source : http://www.3dnatives.com/crane-imprime-3d/

Silver économie, relais de croissance ? Partie 3

Les freins au développement de la Silver économie

Dans le cadre des travaux récents (2012) autour des technologies pour l’autonomie, destinés à cadrer la nouvelle filière, sept freins à l’émergence de la Silver économie ont été identifiés.

Ces freins devront être levés pour que la filière réalise son plein potentiel.


L’offre

Les acteurs privés sont aujourd’hui soit des grands groupes hésitant à investir sur des marchés trop étroits (pas d’économie d’échelle envisageable à court terme), soit des PME ou startups n’ayant pas la capacité de produire en masse pour imposer un produit. Le réseau des acteurs privés doit s’étoffer d’entreprises de taille intermédiaire afin de stabiliser l’écosystème en cours de construction.

Le financement de la demande

La demande est aujourd’hui insuffisamment solvable : malgré le pouvoir d’achat important des seniors, le prix des nouveaux services et produits (téléassistance, e-santé par exemple) reste important. Il est donc nécessaire de redéployer les dispositifs de financement existants (l’Aide Personnalisée à l’Autonomie principalement) et d’en créer de nouveaux via, par exemple, l’assurance obligatoire.

La distribution

La Silver économie manque de distributeurs spécialisés, ce qui occasionne des travers (faible mise en concurrence des produits induisant des prix élevés). En attendant la construction de véritables réseaux de distribution, l’internet et les acteurs déjà impliqués (assureurs via des garanties étendues et avec l’aide de réseaux partenaires par exemple) devront assurer l’intérim.

La communication

Aujourd’hui, la communication sur le secteur est, de l’avis général, déficiente, en particulier concernant les technologies de l’autonomie. Ceci est vrai tant du point de vue des personnes âgées que de celui des familles (les « aidants »). Faire découvrir les nouveaux services et les produits innovants est un point clé pour développer la demande.

Le financement de l’offre

Le ticket d’entrée -ou Equity Gap- sur le secteur est important. Il est de 100 000 à plusieurs millions d’€ de fonds propres à investir pour espérer lancer sur le marché un bien ou un service innovant. Les fonds manquent aujourd’hui et il sera nécessaire d’attirer de nouveaux investisseurs.

La labellisation

Le manque de labels nuit aujourd’hui à la lisibilité de la filière

L’organisation

A partir d’un mélange typiquement français d’acteurs représentants de l’Etat (tant au niveau national que local), de sociétés privées à la pointe de la technologie, de structures de pilotage de la Sécurité Sociale et de la Santé Publique, de multiples syndicats ou d’associations défendant les intérêts des consommateurs et des personnes âgées, la filière tente de se doter d’une gouvernance réaliste, efficace et suivant une politique commune.


De nombreux acteurs ajoutent à ces freins l’image péjorative portée par le vieillissement en France : c’est un sujet qui reste tabou pour notre société…

Peut-être le résultat d’un sentiment collectif de culpabilité: nous occupons-nous vraiment correctement de nos « seniors » ?

Dans un prochain billet, nous parlerons du plan d’action pour développer le secteur et des initiatives concrètes qui sont menées actuellement au niveau national et régional. Nous détaillerons également les services et biens qui sont identifiés aujourd’hui comme faisant partie de la Silver Economie.

>Partie 1 >Partie 2 >Partie 3


Guillaume PERRET du CRAY est Manager Assurance et Protection Sociale au sein du cabinet ANEO

Silver economy, relais de croissance ? Partie 2

L’impact économique des seniors

La population des « seniors actifs » – en majorité constituée des baby-boomers – présente aujourd’hui des caractéristiques inédites face aux problématiques liées au vieillissement :

  • Une espérance de vie supérieure à celle des générations précédentes (plus de dix ans en un demi-siècle)
  • Un revenu supérieur à la moyenne des ménages (de 30 % – source CREDOC), qui s’est multiplié par 7 en vingt ans et qui progressera encore dans les années à venir
  • Un patrimoine (60 % du patrimoine des ménages et 75 % du portefeuille boursier), et un taux d’épargne élevé, de l’ordre de 28 % des ressources pour les couples – source CREDOC
  • Une consommation supérieure à la moyenne (en 2015 elle représentera 54 % des dépenses des ménages – source CREDOC)
  • Des aspirations fortes pour mettre à profit ses ressources afin de réaliser des projets personnels (socioculturels, loisirs, sports)

Comme on peut le voir, les estimations indiquent que cette population assurera une majorité des dépenses sur les différents marchés à compter de 2015 : 64% pour la santé, 60% pour l’alimentation, 58 % l’équipement, 57 % les loisirs, 56 % des dépenses d’assurance… Ce sont par conséquent les âgés qui détermineront une large majorité de la consommation française, à comparer avec leur poids démographique d’environ 40%.

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Illustration (source CREDOC) : part des dépenses des seniors en %

Au-delà du pouvoir économique des seniors, le marché de l’autonomie et de la dépendance (touchant les seniors les moins autonomes – voir la classification plus haut) occupe déjà une place considérable dans l’économie française.

Il est ainsi estimé qu’en 2010 ce marché a représenté un total de 31 milliards d’euros (soit 1,6 % du PIB), dont 24 milliards correspondaient à des dépenses publiques (prise en charge santé, Aide Personnalisée à l’Autonomie, aide pour l’hébergement) et 7 milliards à des dépenses privées.

Avec l’évolution démographique envisagée, le marché pourrait augmenter de 0,8 points de PIB à horizon 2040, soit un total de 2,4 % du PIB.

L’ensemble de ces éléments nous dresse un tableau prometteur du potentiel de la Silver économie, il est donc légitime de se demander pourquoi le sujet n’a pas été pris jusqu’ici à bras le corps par l’Etat et les entreprises privées.

>Partie 1 >Partie 2 >Partie 3


Guillaume PERRET du CRAY est Manager Assurance et Protection Sociale au sein du cabinet ANEO

Silver économie, relais de croissance ? Partie 1

Ce billet est le premier d’une série consacrée à la Silver économie. Il abordera les enjeux de cette nouvelle filière en la replaçant dans son contexte sociologique et économique.

Les futurs billets détailleront les actions engagées par les pouvoirs publics, les biens et services entrant dans le périmètre de la nouvelle filière, ainsi que les opportunités économiques pour les acteurs de ce marché prometteur.


Qu’est-ce que la Silver économie et comment ce nouveau secteur pourrait être un relais de croissance pour l’économie française dans les années à venir ?


La Silver quoi ?

Commençons par définir ce qu’est la Silver économie : c’est l’économie des « cheveux argentés » (terme plus vendeur que cheveux gris), en d’autres termes des besoins liés au vieillissement.

Cette filière regroupe l’ensemble des activités économiques et industrielles bénéficiant aux « seniors », plus précisément les biens et les services qui peuvent relever notamment du sanitaire, du social, de l’habitat ou des loisirs, avec en arrière-plan le but fondamental de prolonger l’autonomie au maximum.

Le terme est apparu récemment sur la place publique et dans les médias sous l’impulsion du gouvernement Ayrault, mais il renvoie à une question que rencontre la population française – et plus largement les populations des pays industrialisés – depuis plusieurs décennies : comment faire en sorte que les personnes âgées, en nombre de plus en plus important, puissent vivre correctement dans la société moderne ?

La question du bien-être des « seniors » n’est pas nouvelle, mais elle a pris un caractère aigu avec l’urbanisation des populations des pays industrialisés, qui s’est fortement accélérée en France après la deuxième guerre mondiale, occasionnant le fractionnement de la cellule familiale traditionnelle et l’isolement des personnes âgées.

La solidarité intergénérationnelle ayant dépassé ses limites, il était temps que l’État français engage des actions concrètes afin de remplir son rôle de garant de la cohésion sociale.

Un problème démographique

Le vieillissement de notre population est une lame de fond qui est en train de bouleverser nos équilibres sociaux.

En effet, les projections de l’INSEE prévoient en France que les personnes âgées de 60 ans et plus, au nombre de 15 millions aujourd’hui, seront 20 millions en 2030. Le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus sera multiplié par près de 4 en 40 ans passant de 1,4 à 4,8 millions d’ici à 2050.

Le vieillissement général de la population s’accélère notamment à cause de l’importance de la génération des baby-boomers (voir définition plus bas), qui a aujourd’hui entre 51 et 69 ans et représente 15 millions de personnes, constituant la cible de la Silver économie pour les 15 années à venir.

Silver economy

Définition : On appelle baby-boomer la personne née lors de l’explosion des taux de natalité durant les années qui suivirent la Seconde Guerre Mondiale. Ce fut, dans de nombreux pays de l’hémisphère nord, une période de prospérité économique soutenue. Le terme tend de plus en plus à désigner toute la population qui aujourd’hui a franchi le cap des 50 ans

Mais revenons sur la définition du terme « senior ». L’INSEE indique que les seniors sont des personnes ayant plus de 50 ans. La Silver économie se focalisant en priorité sur les seniors n’ayant plus d’activité professionnelle, cette dernière population est subdivisée en 3 catégories (résultat des travaux de cadrage de la filière), basées non pas sur l’âge mais sur le mode de vie :

  1. Les âgés dits « actifs ». Ces retraités, autonomes et indépendants connaissent un vieillissement habituel ou usuel avec le cas échéant des atteintes de certaines fonctions, liées à l’âge, considérées comme physiologiques.
  2. Les âgés dits « fragiles ». Ces personnes présentent des limitations fonctionnelles et une baisse des capacités d’adaptation ou d’anticipation, sous l’action conjuguée du vieillissement physiologique, de maladies chroniques et du contexte de vie. La fragilité doit être comprise comme une situation dynamique ou même un état instable, qui peut évoluer vers une rupture d’équilibre, des complications et une perte d’autonomie, mais peut aussi être stabilisée par des interventions appropriées.
  3. Les âgés dits « dépendants ou en perte d’autonomie ». Ces âgés ont besoin d’être aidés pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie ou requièrent une surveillance régulière. Ils peuvent vivre à domicile ou en Ehpad (maison de retraite médicalisée). Ils ne représentent que 8 % du nombre d’âgés en France

La classification est donc établie à partir du niveau des troubles fonctionnels dus à l’âge menant à la perte d’autonomie, à la manière des critères de classification du handicap. Nous verrons dans un prochain billet que ce parallèle n’est pas anodin et que plusieurs acteurs appellent à traiter le handicap d’une façon globale, y compris ceux liés à l’âge : aux mêmes symptômes, les mêmes remèdes.

La population cible de la Silver économie est donc très importante et en forte progression, mais quelle est réellement la taille de ce marché et son impact sur l’économie française ?

>Partie 1 >Partie 2 >Partie 3


Guillaume PERRET du CRAY est Manager Assurance et Protection Sociale au sein du cabinet ANEO

Les technologies de pharma 3.0

Pharma 3.0 désigne, entre autres, l’interaction des consommateurs et patients avec les acteurs de la santé, ces derniers n’étant plus uniquement les acteurs traditionnels comme les laboratoires pharmaceutiques.

Illustration dans la vidéo ci-dessous

(source : http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/culture-geek/culture-geek-veiller-a-sante-chez-soi-21-02-178996/)


Imprimez vos dents

L’impression 3D ouvre de nouvelles perspectives enthousiasmantes, mais l’arrivée rapide de ces nouvelles techniques et le foisonnement des nouvelles possibilités offertes vont également bouleverser des secteurs d’activité, voire remettre en cause certains métiers.


L’orthodontie en impression 3D




>Lire une analyse sur l’impression 3D, innovation de rupture

Pharma 3.0

L’industrie pharmaceutique, longtemps épargnée des bouleversements qui affectaient d’autres secteurs d’activité plus exposés à l’hyperconcurrence et aux effets de la globalisation, se trouve à son tour obligée de revoir ses business models, son approche de la productivité, ses modes de distribution et sa communication / interaction avec le public.


Pharma 1,2, 3.0

Selon une étude du cabinet Ernst & Young, le modèle dit Pharma 1.0 correspond au modèle d’intégration verticale centré sur les blockbusters, les médicaments vedettes à grosses ventes et gros revenus.

Le modèle Pharma 2.0 est celui des laboratoires qui ont diversifié leur portefeuille d’activités en incorporant les médicaments génériques, les vaccins, des produits destinés à la santé animale, etc. et étendu leurs marchés aux pays émergents. Pharma 2.0 porte également des changements concernant la productivité et la performance financière au travers notamment de réorientations ou focalisations sur la « recherche de thérapies plus ciblées, la mise en place d’unités de R&D plus autonomes et plus souples, le développement de partenariats avec des sociétés de biotechnologie et des universités et l’externalisation de nombreuses fonctions ».

Alors même que les laboratoires pharmaceutiques continuent à mettre en œuvre des stratégies pour rester dans la course du modèle Pharma 2.0, leurs efforts pourraient bien être dépassés par un écosystème Pharma 3.0, où évoluent aux côtés des entreprises pharmaceutiques, des sociétés venant d’autres secteurs et des consommateurs de plus en plus avisés.
Source: http://www.ey.com/FR/fr/Industries/Life-Sciences/Progressions—Pharma-3

Pharma 3.0 (terminologie introduite par Ernst & Young) est une orientation stratégique pour les acteurs du secteur qui :

  • se focalise sur les patients, les consommateurs
  • engage des partenariats avec des acteurs non traditionnels du secteur
  • prend en compte les technologies et potentialités des applications mobiles

Pharma 3.0 n’est plus une affaire de seuls « pharmaciens » traditionnels car le public devient une partie prenante active au travers des réseaux sociaux, plus exigeante du fait de sa meilleure information et du sens critique partagé sur les réseaux.

Les autorités de tutelle, les sociétés d’assurance (mutuelles par exemple) ou les organismes tels que la sécurité sociale en France ont un regard plus critique sur les promesses des solutions proposées et sur le rapport bénéfice/coût. Ceci du fait des impératifs économiques mais également sous la pression sociétale.

De nouveaux acteurs du monde technologique tendent à proposer des solutions santé telles que le monitoring, la surveillance de paramètres à l’aide d’objets connectés ou l’exploitation des big data obligent les acteurs traditionnels du secteur pharma à revoir leur business model à nouveau.

Source: EY

Santé : faire le pari de l’innovation (Institut Montaigne)

Alors que les objectifs de sécurité nationale et industrielle sont gérés de concert dans le secteur de la défense, celui de la santé voit sa gouvernance éclatée en France. D’où une difficulté à rester compétitive mondialement, relève un rapport de L’Institut Montaigne, dévoilé en exclusivité par L’Usine Nouvelle.

Rapport innovation en santé

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