Huit tendances manufacturing pour 2014

L’infographie livrée par Infosys résume huit tendances que les analystes et observateurs voient arriver en production industrielle.


1. des usines reconfigurables, ultraflexibles

C’est la promesse du concept Industrie 4.0 qui connaitra certainement des applications progressives mais qui ne devrait devenir une réalité à l’échelle de l’ambition de ses promoteurs que dans 10 à 20 ans. La création de standards pour l’interconnexion et le dialogue de tous les objets, ainsi que la sécurisation de ces systèmes nécessitera encore des développements.

2. les machines apprenantes et maintenance prédictive

La multiplication de capteurs, eux-mêmes doté d’une certaine intelligence, produira des flots de données que les techniques Big Data pourront analyser. De ces analyses se détermineront les corrélations mettant en évidence des scénarios optimum, des scénarios menant très probablement à des dysfonctionnements, etc.

La mémorisation de tout ce qui se passe permettra à cette intelligence artificielle d’affiner ses analyses et ainsi d’apprendre progressivement par accumulation d’expérience.

Des pannes quasi-certaines pourront être « prédites » avant leur survenue, autorisant la mise en sécurité des installations avant qu’un incident grave ne survienne, l’émission d’alertes précoces, le déclenchement de maintenance préventive, etc.

3. le pilotage des opérations par mobiles

Les smartphones et tablettes faisant désormais partie des objets familiers sinon usuels des personnels, des applications se développeront pour piloter la production, la superviser, contrôler la qualité, etc. Les personnels auront un accès temps réel à une masse de documents et fonctionnalités, qui donnera plus d’intérêt au travail, d’autonomie et améliorera la productivité.

4. L’Internet des objets

Il connecte(ra) tous les « objets » intelligents et apte à communiquer pour constituer des systèmes dynamiques dans lesquels ils collaborent ; rendre la circulation plus fluide, optimiser la consommation d’énergie…

5. l’impression 3D, de l’idée à l’objet

L’impression 3D autorise déjà le prototypage rapide ainsi que la production en petites séries. Des objets de forme complexes et fonctionnels peuvent être imprimés. La nature des matériaux imprimables va s’étoffer pour autoriser encore plus d’applications.

On peut imaginer des micro-usines uniquement équipées d’imprimantes 3D fabriquant de manière très flexible et réactive toutes sortes d’objets, y compris comestibles, en petites ou moyennes séries.

6. les réseaux sociaux viennent à l’industrie

Tout comme les mobiles sont familiers aux personnels, les réseaux sociaux le sont ou tendent à le devenir. Le partage d’informations rapide, simple trouve une application pour les opérations en usine :

  • demande d’avis sur la nature et/ou l’origine d’une panne, un dysfonctionnement, un problème
  • prévenir les collègues distants, donner une indication, une instruction
  • tenir une réunion dont certains membres sont distants ou ne peuvent facilement se déplacer sans perte conséquente de temps (autre bâtiment, salle blanche, salle stérile..)
  • Répondre à des clients rapidement aux clients
7. Le rôle de l’usine s’étend à l’après vente

Dans le domaine du business-to-business, les usines concentrent bien souvent les compétences, savoirs et données utiles au service après-vente. Un engin de terrassement neuf tombe en panne sur chantier ? L’usine connait son historique de son assemblage, le numéro de série du moteur…

Des informations précieuses peuvent être transmises aux techniciens partis en dépannage ou diagnostiquer l’engin en panne à distance.

8. La fabrication au plus près

La fabrication au plus près des consommateurs autorise des délais de livraison plus courts ainsi qu’une meilleure prise en compte des désirs de personnalisation.


industrie 4.0

Qu’est-ce qu’industrie 4.0 ?

L’expression « Industrie 4.0 » désigne la quatrième révolution industrielle, succédant aux trois phases d’évolution majeures qualifiées de révolutions : la mécanisation, l’industrialisation, l’automatisation.


D’autres auteurs mettent en avant trois phases qui se distinguent par :

1. la machine à vapeur, qui permet d’utiliser une énergie non musculaire (humaine ou animale) et qui affranchit l’entrepreneur de s’installer à proximité d’un cours d’eau, l’énergie hydraulique étant la principale source d’énergie « industrielle » jusque-là

2. l’électricité, qui permettra des rendements énergétiques plus importants que la vapeur et ouvre des possibilités d’applications et conversions autres que mécaniques ou thermiques

3. l’automatisation, qui remplace l’humain dans des tâches répétitives, dangereuses et qui symbolise l’effet ciseau des coûts entre les technologies et l’emploi humain

La quatrième révolution est celle des ressources interconnectées et communicantes et de l’analyse des données. Industrie 4.0 est une révolution technologique par laquelle Internet est appelé à remplacer les bus industriels pour interconnecter les machines et équipements.

Les objets communiquants (Internet des objets), en l’occurrence des ébauches de pièces ou de la matière première (smart materials) vont dialoguer avec les machines et leur indiquer quelles transformations, traitements ou tests ils doivent subir.

Les machines du processus de production ne sont plus pilotées à partir d’une centralisation (supervision ou simplement planning de production), mais seront configurées et pilotées par les objets qui se présentent à elles. Chacun de ces « objets » emportant avec lui les informations le concernant.

Chaque objet est en principe déjà commandé et les informations qu’il véhicule incluent sa destination finale ; dans quel véhicule précisément cette pièce sera montée, quel individu doit le recevoir en livraison, quelle boutique de vente est destinatrice, etc.

La force de ce modèle est de rendre la production unitaire possible à des conditions économiquement viables, ce qui est convergent avec l’idée de « production de masse de produits uniques ».