Silver économie, relais de croissance ? Partie 3

Les freins au développement de la Silver économie

Dans le cadre des travaux récents (2012) autour des technologies pour l’autonomie, destinés à cadrer la nouvelle filière, sept freins à l’émergence de la Silver économie ont été identifiés.

Ces freins devront être levés pour que la filière réalise son plein potentiel.


L’offre

Les acteurs privés sont aujourd’hui soit des grands groupes hésitant à investir sur des marchés trop étroits (pas d’économie d’échelle envisageable à court terme), soit des PME ou startups n’ayant pas la capacité de produire en masse pour imposer un produit. Le réseau des acteurs privés doit s’étoffer d’entreprises de taille intermédiaire afin de stabiliser l’écosystème en cours de construction.

Le financement de la demande

La demande est aujourd’hui insuffisamment solvable : malgré le pouvoir d’achat important des seniors, le prix des nouveaux services et produits (téléassistance, e-santé par exemple) reste important. Il est donc nécessaire de redéployer les dispositifs de financement existants (l’Aide Personnalisée à l’Autonomie principalement) et d’en créer de nouveaux via, par exemple, l’assurance obligatoire.

La distribution

La Silver économie manque de distributeurs spécialisés, ce qui occasionne des travers (faible mise en concurrence des produits induisant des prix élevés). En attendant la construction de véritables réseaux de distribution, l’internet et les acteurs déjà impliqués (assureurs via des garanties étendues et avec l’aide de réseaux partenaires par exemple) devront assurer l’intérim.

La communication

Aujourd’hui, la communication sur le secteur est, de l’avis général, déficiente, en particulier concernant les technologies de l’autonomie. Ceci est vrai tant du point de vue des personnes âgées que de celui des familles (les « aidants »). Faire découvrir les nouveaux services et les produits innovants est un point clé pour développer la demande.

Le financement de l’offre

Le ticket d’entrée -ou Equity Gap- sur le secteur est important. Il est de 100 000 à plusieurs millions d’€ de fonds propres à investir pour espérer lancer sur le marché un bien ou un service innovant. Les fonds manquent aujourd’hui et il sera nécessaire d’attirer de nouveaux investisseurs.

La labellisation

Le manque de labels nuit aujourd’hui à la lisibilité de la filière

L’organisation

A partir d’un mélange typiquement français d’acteurs représentants de l’Etat (tant au niveau national que local), de sociétés privées à la pointe de la technologie, de structures de pilotage de la Sécurité Sociale et de la Santé Publique, de multiples syndicats ou d’associations défendant les intérêts des consommateurs et des personnes âgées, la filière tente de se doter d’une gouvernance réaliste, efficace et suivant une politique commune.


De nombreux acteurs ajoutent à ces freins l’image péjorative portée par le vieillissement en France : c’est un sujet qui reste tabou pour notre société…

Peut-être le résultat d’un sentiment collectif de culpabilité: nous occupons-nous vraiment correctement de nos « seniors » ?

Dans un prochain billet, nous parlerons du plan d’action pour développer le secteur et des initiatives concrètes qui sont menées actuellement au niveau national et régional. Nous détaillerons également les services et biens qui sont identifiés aujourd’hui comme faisant partie de la Silver Economie.

>Partie 1 >Partie 2 >Partie 3


Guillaume PERRET du CRAY est Manager Assurance et Protection Sociale au sein du cabinet ANEO

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