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Livres photos, des usines à produire des masses de produits uniques

Les usines du futur, celles qui sont aptes à produire de manière économiquement viable des produits personnalisés, existent déjà. Un exemple se trouve auprès des entreprises proposant des livres photos.


La transition de la photo argentique (sur films négatifs) vers la photo numérique a eu raison de nombreux petits laboratoires locaux proposant le développement des pellicules et le tirage des photos.

Cependant, les particuliers se sont vite rendu compte que les images numériques se consultent moins aisément, à mois de se faire le travail d’imprimer leurs images et de constituer des albums photos et d’en supporter les coûts.

Exploiter la masse des niches

Niches de masse vs. Masses des niches

Niches de masse vs. Masses des niches

C’est là qu’interviennent les entreprises ayant compris l’intérêt d’exploiter la masse des niches, celle que représente l’ensemble des personnes prenant des images numériques et sa fraction non négligeable de personnes désireuses de pouvoir les montrer aussi aisément qu’un album photos à l’ancienne.

Un business particulier émerge : celui de produire en masse des produits personnalisés et uniques.

Cette nouvelle activité répond parfaitement à une demande souvent redoutée dans l’industrie ; proposer à prix acceptable et de manière économiquement viable des produits fortement personnalisés.

Personnalisation ; demande ancienne et nouveaux businesses

La demande de personnalisation des produits (et services) est ancienne, avec une accentuation lors du basculement de l’économie de pénurie vers l’économie d’abondance (les années 1970 en vieille Europe), période à partir de laquelle les besoins de base étaient couverts et les consommateurs à la recherche de critères distinctifs dans une offre de plus en plus diversifiée.

L’industrie n’a répondu à cette demande que « mollement ». D’abord parce que les moyens installés et la logique dominante étaient des héritages de l’ère de la production de masse, peu flexibles et axés sur des produits standards.

Cette demande de personnalisation mettait en cause les modèles économiques d’alors, faute de moyens agiles aptes à être rentabilisés avec de petites séries très différentiées et peu / pas répétitives.

« Personnalisation » des sandwiches : le choix d’une combinaison particulière parmi les combinaisons offertes

Les industriels, sous la pression concurrentielle, ont alors utilisés divers artifices, tels que l’extension des options, laissant grâce aux combinaisons possibles un choix plus vaste de produits finaux à leurs clients.

Exemples :

  • 2 couleurs x 2 tailles = 4 références de produit final
  • 3 couleurs x 3 tailles x 3 niveaux de finitions =  27 références de produit final
  • 4 choix de motorisation x 2 choix de boites de vitesse x 12 couleurs x 3 niveaux de finitions = 288 configurations de véhicule

 Mais aussi vaste que le choix paraisse, ce n’est toujours qu’un choix limité à une combinaison particulière parmi toutes les combinaisons offertes.

Le client prend en charge une part du travail

Un livre photo comportant les images du client ne peut bien évidemment pas consister en un choix à faire dans une vaste bibliothèque d’images. Le livre en question doit rassembler les images sélectionnées par le client.

C’est là la vraie personnalisation ; le client détermine librement le contenu de son livre photo, avec une contrainte (technique) mineure qui est le nombre de pages que le livre peut comporter.

Un certain nombre de choix restent limités à des options : gabarits de placement des images dans la page, choix des typos pour les titres et légendes, choix du modèle de livre et sa finition…

La personnalisation permet également au client de déterminer la présentation, les titres et légendes. Là encore des contraintes mineures, destinées à trouver un équilibre entre la liberté de composition, les contraintes techniques et la facilité pour le client.

Ligne de reliure chez CEWE

Ligne de reliure chez CEWE
Crédit photo CEWE (Site Web)

Car si cela est rendu possible, c’est parce que le client prépare lui-même sa « matière première ». Le fabricant ne fait plus qu’exécuter le travail préparé et que cette « matière » est… dématérialisée !

Il s’agit de transformer des données numériques préparées gratuitement par le client et transmises à coûts infinitésimal en produit tangible. Le stockage des données et leur traitement est relativement peu coûteux, les coûts augmentent essentiellement à partir du moment où le produit se matérialise.

Ainsi, grâce aux progrès techniques et à l’accès des particuliers à l’informatique, ces fabricants peuvent exploiter de manière économiquement intéressante la masse des niches que représente les photographes désireux de feuilleter leurs œuvres, tout en offrant à chacun un produit unique et totalement personnalisé.

La production de livres photos personnalisés préfigure ce que pourrait être l’usine du futur, tout en étant déjà une réalité.

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