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Les leçons de l’histoire industrielle sont-elles applicables dans le futur ? Partie 1

Imaginer l’usine du futur sans préciser à quel horizon temporel elle devrait être opérationnelle est un exercice prospectif dans lequel toutes les utopies sont permises.

Cependant, notre réflexion est nécessairement influencée par nos expériences individuelles et la mémoire commune. Par ailleurs, l’adage « qui n’a pas de mémoire est condamné à répéter les mêmes erreurs » nous invite à une rétrospective critique, afin de ne pas reproduire dans le futur les erreurs ou mauvais choix qui ont pu être faits dans le passé.

D’où la question : les leçons de l’histoire industrielle sont-elles applicables dans le futur, l’expérience accumulée peut-elle guider les choix pour l’avenir ?


L’industrie au sens que nous lui donnons de nos jours est relativement jeune, comparée à l’histoire de l’humanité. Si l’on admet le milieu du 18è siècle comme instant de sa naissance, l’histoire industrielle compte moins de trois cents ans.

Durant cette période, diverses révolutions techniques et évolutions sociétales ont remis en question le modèle dominant. Le rythme de ces révolutions et remises en cause s’est régulièrement accéléré et chacune des transitions a invalidé un ou plusieurs axiomes sur lequel reposait le modèle :

  • L’avènement de la machine à vapeur libère des contraintes de la génération de force motrice limitée à la force musculaire humaine ou animale ou à celle de l’eau et du vent
  • Le moteur à explosion a remis en question l’utilité jusque-là indiscutable des chevaux
  • Le basculement de l’économie de pénurie dans l’économie d’abondance met à mal le modèle de production de masse
  • La chute du mur de Berlin ouvre les frontières, des alliances inimaginables se créent
  • La téléphonie mobile crée des opportunités d’applications et des secteurs économiques totalement nouveaux et insoupçonnés
  • L’avènement d’Internet donne à chacun l’accès au commerce mondial
  • L’imprimante 3D préfigure des moyens de production individuels mis à la portée du grand public

Ainsi, l’expérience acquise durant l’ère industrielle moderne et dominée par le modèle Tayloriste-Fordien de production de masse, qui a fortement influencé les choix et dont nous conservons un héritage conséquent, risque fort de ne pas être pertinent pour notre usine du futur, le paradigme ayant largement changé.


>Lire la seconde partie


3 comments

  • Jérôme BROSSIER says:

    Bonjour Christian,

    J’ai trouvé l’article (Partie 1 & 2) très intéressant.

    Quand tu dis « La chute du mur de Berlin ouvre les frontières, des alliances inimaginables se créent », peux-tu donner des exemples de tels alliances ?

    D’avance merci,

    Jérôme

    • Christian HOHMANN says:

      Bonjour Jérôme,

      Parmi les exemples ; réunification allemande, rachat de Skoda par Volkswagen, implantations industrielles ouest-européenne en Slovaquie, Pologne,
      l’usine commune TPCA (Toyota Peugeot Citroën Automobile) de Kolin, rachat de Volvo par le chinois Geely, coopération spatiale franco-russe, ex-pays du pacte de Varsovie rejoignant l’Otan…

      Les alliances étaient inimaginables tant que le clivage Est/Ouest Communisme/Capitalisme divisait le monde.

      Christian

  • Merci Christian pour cet article.

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