Industrie Pharma et falaise des brevets

L’expression « falaise des brevets » que l’on entend fréquemment dans le contexte de l’industrie pharmaceutique fait référence à l’effondrement brutal des revenus liés à certains médicaments.

Lorsque les brevets des médicaments best-sellers ou blockbuster tombent dans le domaine public cela entraîne pour le laboratoire qui les détenaient un très important manque à gagner. En effet, la fin de la protection par les brevets autorise la reproduction des médicaments par des versions dites « génériques ». Or les génériqueurs n’ont pas à amortir les dépenses de recherche et produisent par conséquent à coûts nettement plus réduits. De plus ils tendent à livrer une guerre des prix entre eux.

PatentCliff_iconDès que les versions génériques arrivent sur le marché, les ventes des médicaments originaux tendent à s’effondrer. Comme certains laboratoires sont très dépendants des ventes d’un petit nombre de ces produits phares, l’effondrement brutal des revenus fait l’effet d’une falaise de laquelle ces revenus tombent. Tout du moins sur les graphiques de ventes.

Cet effondrement des revenus des laboratoires pharmaceutiques est dû à un double phénomène :

  • L’alternative moins chère offerte par les génériques
  • La pression des gouvernements pour maitriser les dépenses publiques de santé (déremboursements, baisse des remboursements, promotion des génériques, etc.)

Comme peu de médicaments génèrent suffisamment de profits pour couvrir l’ensemble des coûts de recherche et de développement engagés, les laboratoires qui perdent la protection des brevets de leurs produits phares peuvent être confrontés à de sérieux problèmes de revenus.

Était-ce prévisible ?

A priori la protection des brevets offre une forme de visibilité puisque la protection coure en principe sur 20 ans. Il devrait donc être possible de gérer le portefeuille produit en intégrant cette donnée.

Ce qu’il n’est pas toujours possible d’anticiper, ce sont les médicaments initialement prometteurs qui sont abandonnés une fois les dépenses de recherche et développement engagées.

Sur un horizon aussi lointain, les politiques gouvernementales et les décisions des autorités de tutelle ou réglementaires ne sont pas non plus toutes identifiables suffisamment à l’avance.

La pression des actionnaires, de la bourse, etc. ont influencé les stratégies individuelles des laboratoires, qui pour certains ont privilégié la rentabilité et la focalisation sur des médicaments traitant des maladies courantes dans les pays riches. Ceci assure volume et solvabilité et donc rentabilité.

Cette recherche de rentabilité a probablement également pesé sur les choix des projets de recherche à engager pour s’assurer un portefeuille comportant de futurs médicaments vedettes.


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