Usine-futur

Les méthodologies à l’épreuve de la quatrième révolution industrielle – Partie 4

Théorie des Contraintes et Industrie 4.0

Goulots et contraintes existent dans tous les environnements, toutes les organisations et tous les processus qu’ils soient truffés de technologies ou qu’ils en soient totalement dépourvus. La Théorie des Contraintes (ToC) ne sera donc guère affectée par le glissement technologique prédit dans les usines du futur.

Depuis l’emploi de ressources hétérogènes en production, on sait que l’équilibrage de l’ensemble avec une pleine utilisation des capacités de chaque ressource est impossible. Ainsi, même au sein d’une usine intégralement automatisée, on trouvera des machines ou équipements goulots et donc des cas d’application pour la ToC.

Ce qui change dans l’usine du futur, c’est que les machines et objets communiquent entre eux et sont capables de se synchroniser dynamiquement pour optimiser le Throughput. La ToC sera intégrée à l’intelligence du processus.

Les machines apprenantes retiendront les scénarios les plus efficients et émettront des alertes d’autant plus pressantes que les dysfonctionnements à venir affecteront une ressource goulot.

Conscients du statut particulier de la ressource goulot, les machines et équipements de l’usine du futur prendront particulièrement soin d’elle, telle une cour cybernétique autour de sa précieuse majesté.

Les marchés ou les approvisionnements du futur continueront à être contraints jusqu’à devenir goulots externes et donc autre cas d’application de la ToC.

Les décisions et politiques, qu’elles soient prises par des autorités politiques, économiques ou réglementaires, voire par les équipements de l’usine elle-même, représenteront à un moment ou un autre une contrainte. En la matière se sont les Thinking Processes de la ToC qui fourniront des solutions pour intégrer et gérer ces contraintes. Plus généralement, des problèmes continueront à apparaître dans le futur et la manière de les aborder et de les résoudre ne changera pas fondamentalement.

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Les méthodologies à l’épreuve de la quatrième révolution industrielle – Partie 3

Six Sigma et Industrie 4.0

Les processus futurs intégreront plus de technologie mais resteront des processus. Ce rappel trivial indique que les champs d’application de Six Sigma existeront toujours. Il faudra encore maîtriser les capabilités, identifier les quelques paramètres influents dans la multitude, surveiller des dérives.

Avec davantage d’automatisation et potentiellement la faculté de massifier des productions de produits uniques, l’argument traditionnel du manque de répétition et donc de signification statistique devrait disparaître.

Non seulement des processus plus automatisés devraient produire plus de données et plus rapidement, mais les objets communicants devraient multiplier de manière exponentielle la production de données sur des paramètres inédits tels que les paramètres physiques que relèveront les capteurs intégrés ou associés ; température, hygrométrie, accélérations, orientation, pression, luminosité, etc.

C’est peut-être là que Six Sigma sera appelé à évoluer, car cette masse de données entre alors dans la famille big data. Leur exploitation et analyse ne relèvent plus des techniques statistiques usuelles de Six Sigma, mais davantage d’analyses de corrélations et de scénarios.

Les modèles statistiques nécessaires à la maîtrise et au pilotage des procédés seront multi-critères, à la fois par nécessité et parce que l’état de la technique le permet.

Ces techniques sont annoncées avec des aptitudes prédictives et d’auto-apprentissage. Cela concernera les machines, qui dans l’ensemble Industrie 4.0 sont vantées apprenantes, les matières (smart material) et l’ensemble des objets associés au processus : moules, outils, bancs de test, fours, etc.

La technique du plan d’expérience, née de la nécessité de réduire au strict minimum le nombre d’expériences pour isoler les quelques paramètres réellement influents, pourrait se voir marginalisée par des expériences purement numériques et l’exploration exhaustive de scénarios. Ceci est déjà rendu possible par le calcul haute performance (High Performance Computing) sur des moyens peu coûteux et parallélisés en grand nombre.

Des trois méthodologies TLS, Six Sigma est, de par sa nature, celle qui est le plus orientée sciences dures et par conséquent codifiable mathématiquement. On peut imaginer que les machines et équipements du futurs intégreront une intelligence Six Sigma et prendront elles-mêmes en charge – individuellement ou en réseau – le suivi statistique, les analyses, les corrections, etc.

L’expertise des Black Belt et Master Black Belts est transmissible à la machine, voire aux objets. Le besoin de ce type d’experts devrait alors diminuer et se concentrer sur la conception de l’intelligence Six Sigma embarquée et la collaboration entre machines.

Dans ce futur néanmoins des problèmes continueront à apparaître et la manière de les aborder, de les résoudre ne changera pas fondamentalement. Des outils nouveaux, déjà évoqués, compléteront la boite à outils existante, mais l’approche DMAIC devrait conserver toute sa pertinence, tout comme de nombreux autres outils rustiques : PDCA, diagrammes de Pareto, Diagrammes d’Ichikawa (causes-effet), etc.

Malgré les transferts possibles vers les solutions technologiques, la résolution de problème requerra une part de raisonnement, d’intuition qui restera très probablement encore l’apanage des humains, tant que l’intelligence artificielle ne démontre pas des talents au moins équivalents.

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Les méthodologies à l’épreuve de la quatrième révolution industrielle – Partie 2

Lean et Industrie 4.0

Les processus futurs intégreront plus de technologie mais demeureront des processus. Ce rappel trivial indique que ce que Lean à permis d’améliorer jusque-là reste valide dans un environnement plus riche en technologies et éventuellement moins riche de main d’œuvre :

  • La création de valeur pour les clients
  • La réduction du temps de traversée d’un processus,
  • La maximisation du temps à valeur ajoutée
  • La tension des flux
  • La minimisation des stocks
  • La qualité bonne du premier coup
  • L’élimination des gaspillages
  • L’amélioration continue
  • Etc

Ce qui change c’est que la transformation digitale et le renouveau industriel attendu d’Industrie 4.0 permettent l’anticipation et la conception de processus efficients d’office et non plus majoritairement l’amélioration limitée a posteriori de processus défaillants. (Voir à ce propos)

L’accent devrait donc être mis sur le Lean en conception et développement, ce qui « remonte » Lean en amont des opérations et l’intègre dès le début d’un projet.

Design For Manufacturing and Assembly (DFMA) deviendra d’autant plus une nécessité technique qu’il devrait y avoir moins d’ouvriers pour palier aux problèmes et rattraper les mauvaises conceptions.

Par ailleurs, c’est au stade le plus précoce que les concepteurs définissent les paramètres qui définiront de manière quasi définitive les performances futures du produit, et de l’ensemble des processus pour le fabriquer, le distribuer, le maintenir, le démanteler et le recycler. D’où l’importance d’intégrer de manière pro active et anticipée les enseignements et retours d’expérience de Lean.

L’avènement d’Industrie 4.0 ne changera rien à ces besoins fondamentaux, mais fournira l’opportunité et des solutions nouvelles.

Industrie 4.0 y changera d’autant moins que les technologies mises en œuvres seront accessibles à tous les compétiteurs et que la différenciation ne pourra se faire que par l’attractivité de l’offre et un meilleur emploi des ressources.

Une fois les processus efficients d’office en place, les aléas, les changements divers qui ne manquent pas d’affecter les Opérations et processus fourniront d’autres occasions de mettre en pratique les préceptes et outils du Lean.

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Usine-futur

Les méthodologies à l’épreuve de la quatrième révolution industrielle – Partie 1

Ses promoteurs attendent énormément de la quatrième révolution industrielle (Industrie 4.0), basée sur l’intégration numérique des ressources et résolument technologique.

Pour vous familiariser avec le concept >Industrie 4.0, cliquez ici<

La technologie et l’intelligence qu’elle embarquera sont censées affranchir les processus futurs de certaines faiblesses et limitations humaines. Se pose alors la question de la pérennité d’approches et de méthodologies telles que Lean, Six Sigma ou la Théorie des Contraintes.

Dans cette réflexion prospective, je postule que ces dernières non seulement survivront à l’engouement pour la technologie, mais conserveront naturellement leur place dans les usines et entreprises du futur.

Un article particulier est dédié à chacune des méthodologies. Dans chaque article, j’en explore de manière prospective leur devenir, avant de livrer une conclusion.

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Les leçons de l’histoire industrielle sont-elles applicables dans le futur ? Partie 2

Les nouveaux paradigmes

Dans le premier article de cette série, je mettais en doute la pertinence du retour d’expériences, de l’intérêt des leçons de l’histoire industrielle pour imaginer l’usine du futur. L’argument mis en avant est le changement de paradigmes, qui introduit une rupture entre le modèle Tayloriste-Fordien adapté à la production de masse en économie de pénurie et l’économie d’abondance et les nouvelles économies de ce début de XXIè siècle.

Économie d’abondance après économie de pénurie

Jusqu’aux années 1975, l’histoire industrielle s’inscrivait dans la logique de production de masse nécessaire pour fournir les besoins de la population :

  • équipements des ménages de moins en moins ruraux et jusqu’à leur exode urbain relativement autosuffisants,
  • besoins spécifiques durant les périodes de guerre,
  • besoins de reconstruction et rééquipement des ménages après les guerres…

Dans la période d’après-guerre, l’Occident a répondu aux besoins colossaux par la production de masse. En France, la période de croissance ininterrompue de 1945 à 1975 est connue sous le nom de « Trente Glorieuses ». Or, au milieu des années 1970, un double phénomène va mettre le modèle à mal : la saturation des besoins et le coup de frein sur la consommation induit par les chocs pétroliers. On situe à cette période le basculement d’une économie de pénurie aux besoins immenses à l’économie d’abondance dans laquelle l’offre excède la capacité d’absorption du marché. La production de masse n’est plus adaptée, les consommateurs réclament une meilleure qualité et plus de personnalisation.

Dès lors il faut penser à l’envers ; alors que depuis Henry FORD la production commandait les ventes, ce sont désormais les ventes qui commandent la production.

Lean Management, Christian HOHMANN, Editions Eyrolles, 2012

En vieille Europe de nos jours et malgré une situation de crise permanente, non seulement les besoins basiques sont couverts mais l’offre est le plus souvent surabondante. Les clients, très courtisés par un grand nombre d’offreurs concurrents, souhaitent de plus en plus se démarquer de la masse par la consommation de produits et services personnalisés.

Ce désir est attisé par les concurrents les plus inventifs, qui proposent des degrés plus ou moins poussés de personnalisation.

Les segments banalisés étant déjà très disputés, ils sont moins rémunérateurs. Par voie de conséquence, la personnalisation est la voie de sortie par le haut et la plupart des concurrents sont contraints de s’y mettre. Or les offres innovantes, copiées et améliorées sont à leur tour rapidement banalisées.

La personnalisation suppose offrir un produit quasi unique, ou dans une moindre mesure un vaste choix dans un panel d’options permettant une certaine personnalisation du produit.

Ainsi, l’organisation de production qui doit répondre à ces nouveaux besoins se heurte à des exigences souvent difficilement conciliables avec des organisations et équipements hérités de la production de masse :

  • Produire rapidement des produits uniques, fugaces, à durée de vie commerciale courte
  • Produire des produits personnalisés à des coûts de production de masse, afin de profiter des marges tant que la concurrence n’est pas encore trop féroce,  avant l‘inévitable guerre des prix
  • Utiliser des ressources flexibles, adaptables et amortissables sur des petites séries

Ces nouvelles exigences étant largement différentes de celles qui dominaient durant l’économie de pénurie, les retours d’expériences de la production de masse seront peu utiles dans l’usine du futur.

L’économie de l’usage succède à l’économie de la propriété

Un autre changement fondamental ne manquera pas d’affecter la conception et la production de biens ; la transition d’une économie basée sur la possession des biens (propriété) à l’économie d’usage qui est basée sur la location des biens.

Cette tendance commence à affecter l’automobile à usage urbain. Les difficultés de circulation et de stationnement, ainsi que les coûts de possession croissants poussent les citadins à s’intéresser à la location ponctuelle de véhicules, à l’instar de Vélib’ ou Autolib’ à Paris.

Dans ces cas, c’est la valeur d’usage qui domine. Les utilisateurs ne se soucient pas de la valeur d’échange puisqu’ils ne possèdent pas un bien qu’ils pourraient revendre et ils ne cherchent pas à se démarquer des autres ou à personnaliser les véhicules (valeur d’estime). Bien au contraire, c’est l’uniformité des véhicules qui assure(ra) le succès de la formule ; on emprunte, on restitue, on emprunte un autre identique, etc.

L’appréciation des utilisateurs sera basée sur la valeur perçue, qui sera le rapport entre la valeur d’usage (subjective et propre à chacun) et le coût de l’usage (valeur objective).

Le coût d’usage ou tarif de location sera influencé par le coût d’acquisition et de possession (essentiellement coût de maintenance) des véhicules par les loueurs. Ceci plaide pour des véhicules standardisés, produits en masse.

Conclusion

Le futur proche devrait voir coexister deux modèles productifs. Le premier est l’héritier direct de la production de masse pour des produits banalisés et/ou de grande consommation, faiblement différenciés, comme par exemple :

  • Couverts, vaisselle…
  • Aliments et préparations alimentaires de base ; huile, sucre, pâtes, riz…
  • Sous-vêtements basiques
  • Fournitures de bureau

Pour celui-ci, l’essentiel des retours d’expériences récents est utile.

Le second modèle productif sera réservé aux produits « mode », fortement personnalisés voire uniques. Ces produits auront pour leurs propriétaires une valeur ajoutée et/ou une valeur d’estime importante. Il est probable que le choix du fournisseur se portera sur un trio de critères : qualité, délais, prix.

Pour ce modèle, les retours d’expériences sont moins nombreux car les secteurs qui le mettaient en œuvre s’adressaient à des niches de clients ; industries du luxe, produits à façon, business-to-business…

Il est donc probable que ce modèle reste en grande partie à inventer, en même temps que les usines du futur.

industrie 4.0

Qu’est-ce qu’industrie 4.0 ?

L’expression « Industrie 4.0 » désigne la quatrième révolution industrielle, succédant aux trois phases d’évolution majeures qualifiées de révolutions : la mécanisation, l’industrialisation, l’automatisation.


D’autres auteurs mettent en avant trois phases qui se distinguent par :

1. la machine à vapeur, qui permet d’utiliser une énergie non musculaire (humaine ou animale) et qui affranchit l’entrepreneur de s’installer à proximité d’un cours d’eau, l’énergie hydraulique étant la principale source d’énergie « industrielle » jusque-là

2. l’électricité, qui permettra des rendements énergétiques plus importants que la vapeur et ouvre des possibilités d’applications et conversions autres que mécaniques ou thermiques

3. l’automatisation, qui remplace l’humain dans des tâches répétitives, dangereuses et qui symbolise l’effet ciseau des coûts entre les technologies et l’emploi humain

La quatrième révolution est celle des ressources interconnectées et communicantes et de l’analyse des données. Industrie 4.0 est une révolution technologique par laquelle Internet est appelé à remplacer les bus industriels pour interconnecter les machines et équipements.

Les objets communiquants (Internet des objets), en l’occurrence des ébauches de pièces ou de la matière première (smart materials) vont dialoguer avec les machines et leur indiquer quelles transformations, traitements ou tests ils doivent subir.

Les machines du processus de production ne sont plus pilotées à partir d’une centralisation (supervision ou simplement planning de production), mais seront configurées et pilotées par les objets qui se présentent à elles. Chacun de ces « objets » emportant avec lui les informations le concernant.

Chaque objet est en principe déjà commandé et les informations qu’il véhicule incluent sa destination finale ; dans quel véhicule précisément cette pièce sera montée, quel individu doit le recevoir en livraison, quelle boutique de vente est destinatrice, etc.

La force de ce modèle est de rendre la production unitaire possible à des conditions économiquement viables, ce qui est convergent avec l’idée de « production de masse de produits uniques ».

logo fablab

Fablab, un laboratoire-usine à usage personnel ?

Fablab ou fab lab est un néologisme fabriqué par la contraction de Fabrication et Laboratoire désignant un espace ouvert d’apprentissage, d’expérimentation et de prototypage. Un fab lab met à disposition des ressources telles que des imprimantes 3D, des machines à commandes numériques permettant la fabrication, la diffusion de connaissances, le partage de savoir-faire ou d’engager des projets collaboratifs.

La charte fab lab définit leur mission de la manière suivante : les fab labs sont un réseau mondial de laboratoires locaux, qui rendent possible l’invention en ouvrant aux individus l’accès à des outils de fabrication numérique.





Fablab in threee words, around the world


Charte Fab lab

logo fablab(Source : http://fablab.fr/projects/project/charte-des-fab-labs/)

Mission : les fab labs sont un réseau mondial de laboratoires locaux, qui rendent possible l’invention en ouvrant aux individus l’accès à des outils de fabrication numérique.

Accès : vous pouvez utiliser le fab lab pour fabriquer à peu près n’importe quoi (dès lors que cela ne nuit à personne) ; vous devez apprendre à le fabriquer vous-même, et vous devez partager l’usage du lab avec d’autres usages et utilisateurs.

Education : la formation dans le fab lab s’appuie sur des projets et l’apprentissage par les pairs ; vous devez prendre part à la capitalisation des connaissances à et à l’instruction des autres utilisateurs.

Responsabilité : vous êtes responsable de :

- La sécurité : Savoir travailler sans abimer les machines et sans mettre en danger les autres utilisateurs ;

- La propreté : Laisser le lab plus propre que vous ne l’avez trouvé ;

- La continuité : Assurer la maintenance, les réparations, la quantité de stock des matériaux, et reporter les incidents ;

Secret : les concepts et les processus développés dans les fab labs doivent demeurer utilisables à titre individuel. En revanche, vous pouvez les protéger de la manière qui vous choisirez.

Business : des activités commerciales peuvent être incubées dans les fab labs, mais elles ne doivent pas faire obstacle à l’accès ouvert. Elles doivent se développer au-delà du lab plutôt qu’en son sein et de bénéficier à leur tour aux inventeurs, aux labs et aux réseaux qui ont contribué à leur succès.


Pour pouvoir utiliser le logo fab lab, il faut respecter la charte.


crédit photo http://www.pcworld.fr/peripheriques/actualites,impression-3d-bond-qualite-generalise-des-annee-prochaine-grace-techno-sls,540587,1.htm

Impression 3D, prochain marché de masse de produits uniques ?

Les technologies d’impression 3D progressent rapidement et dévoilent des possibilités nouvelles accessibles au grand public, ou presque.


Le développement rapide des technologies d’impression 3D offre une foule de nouvelles possibilités, telles que la production :

  • De maquettes en 3D
  • De pièces de rechanges
  • D’objets à mécanismes fonctionnels
  • D’œuvres artistiques, mangeables ou non
  • De prothèses sur mesure

Exemples de possibilités offertes par l’impression 3D


Imprimer en trois dimensions par FranceGraphique

Une prothèse de main fabriquée grâce à une imprimante 3D


Des réalisations à la portée de tout le monde

Quelques particuliers passionnés s’offriront probablement leurs imprimantes personnelles, mais pour la masse du grand public, une fois passée la curiosité initiale, les besoins pourraient n’être que ponctuels et insuffisants pour justifier un tel investissement individuel. D’autant qu’il n’est pas certain que des imprimantes 3D puissent gérer indifféremment toutes les matières ; résines, métaux, produits biocompatibles, comestibles, etc.

C’est là que le modèle décrit dans l’article « Livres photos, des usines à produire des masses de produits uniques » prend son sens : l’exploitation rentable de la masse des niches.

Chaque particulier peut alors concevoir, grâce à des logiciels suffisamment simples et ergonomiques, des fichiers numériques correspondants à des produits uniques et personnalisés et confier leur fabrication à des entreprises spécialisées, tout comme pour les livres photos.

L’objet est fabriqué, livré et facturé à un prix raisonnable comparativement au coût d’acquisition d’une installation individuelle.

Ce qui pourrait différencier ce modèle 3D du modèle « livre photo » sont les compétences nécessaires à la modélisation en trois dimensions ainsi que les connaissances relatives aux matériaux mis en œuvre. Cela offre l’opportunité d’enrichir l’offre par des services tels que l’aide à la conception, la vente de modèles numériques de base à personnaliser ou la finalisation du projet depuis des croquis descriptifs basiques.

Des usines du futur ?

Pour les petites réalisations « simples », on pourrait imaginer le retour de boutiques de quartier semblables à celles qui s’occupaient des tirages photos. Une espèce d’usines miniature du futur en quelque sortes.

Mais le temps de taper ces lignes, je suis déjà largement dépassé par la réalité…

J’ai testé… l’imprimante 3D d’Auchan Roissy

La Poste : des imprimantes 3D en expérimentation

Au bureau de Poste de l’Hôtel de ville de Boulogne, une imprimante 3D flambant neuve est prête à fonctionner © Radio France – Dominique Loriou


N’hésitez pas à partager vos réflexions et commentaires.

production_masse

Livres photos, des usines à produire des masses de produits uniques

Les usines du futur, celles qui sont aptes à produire de manière économiquement viable des produits personnalisés, existent déjà. Un exemple se trouve auprès des entreprises proposant des livres photos.


La transition de la photo argentique (sur films négatifs) vers la photo numérique a eu raison de nombreux petits laboratoires locaux proposant le développement des pellicules et le tirage des photos.

Cependant, les particuliers se sont vite rendu compte que les images numériques se consultent moins aisément, à mois de se faire le travail d’imprimer leurs images et de constituer des albums photos et d’en supporter les coûts.

Exploiter la masse des niches

Niches de masse vs. Masses des niches

Niches de masse vs. Masses des niches

C’est là qu’interviennent les entreprises ayant compris l’intérêt d’exploiter la masse des niches, celle que représente l’ensemble des personnes prenant des images numériques et sa fraction non négligeable de personnes désireuses de pouvoir les montrer aussi aisément qu’un album photos à l’ancienne.

Un business particulier émerge : celui de produire en masse des produits personnalisés et uniques.

Cette nouvelle activité répond parfaitement à une demande souvent redoutée dans l’industrie ; proposer à prix acceptable et de manière économiquement viable des produits fortement personnalisés.

Personnalisation ; demande ancienne et nouveaux businesses

La demande de personnalisation des produits (et services) est ancienne, avec une accentuation lors du basculement de l’économie de pénurie vers l’économie d’abondance (les années 1970 en vieille Europe), période à partir de laquelle les besoins de base étaient couverts et les consommateurs à la recherche de critères distinctifs dans une offre de plus en plus diversifiée.

L’industrie n’a répondu à cette demande que « mollement ». D’abord parce que les moyens installés et la logique dominante étaient des héritages de l’ère de la production de masse, peu flexibles et axés sur des produits standards.

Cette demande de personnalisation mettait en cause les modèles économiques d’alors, faute de moyens agiles aptes à être rentabilisés avec de petites séries très différentiées et peu / pas répétitives.

« Personnalisation » des sandwiches : le choix d’une combinaison particulière parmi les combinaisons offertes

Les industriels, sous la pression concurrentielle, ont alors utilisés divers artifices, tels que l’extension des options, laissant grâce aux combinaisons possibles un choix plus vaste de produits finaux à leurs clients.

Exemples :

  • 2 couleurs x 2 tailles = 4 références de produit final
  • 3 couleurs x 3 tailles x 3 niveaux de finitions =  27 références de produit final
  • 4 choix de motorisation x 2 choix de boites de vitesse x 12 couleurs x 3 niveaux de finitions = 288 configurations de véhicule

 Mais aussi vaste que le choix paraisse, ce n’est toujours qu’un choix limité à une combinaison particulière parmi toutes les combinaisons offertes.

Le client prend en charge une part du travail

Un livre photo comportant les images du client ne peut bien évidemment pas consister en un choix à faire dans une vaste bibliothèque d’images. Le livre en question doit rassembler les images sélectionnées par le client.

C’est là la vraie personnalisation ; le client détermine librement le contenu de son livre photo, avec une contrainte (technique) mineure qui est le nombre de pages que le livre peut comporter.

Un certain nombre de choix restent limités à des options : gabarits de placement des images dans la page, choix des typos pour les titres et légendes, choix du modèle de livre et sa finition…

La personnalisation permet également au client de déterminer la présentation, les titres et légendes. Là encore des contraintes mineures, destinées à trouver un équilibre entre la liberté de composition, les contraintes techniques et la facilité pour le client.

Ligne de reliure chez CEWE

Ligne de reliure chez CEWE
Crédit photo CEWE (Site Web)

Car si cela est rendu possible, c’est parce que le client prépare lui-même sa « matière première ». Le fabricant ne fait plus qu’exécuter le travail préparé et que cette « matière » est… dématérialisée !

Il s’agit de transformer des données numériques préparées gratuitement par le client et transmises à coûts infinitésimal en produit tangible. Le stockage des données et leur traitement est relativement peu coûteux, les coûts augmentent essentiellement à partir du moment où le produit se matérialise.

Ainsi, grâce aux progrès techniques et à l’accès des particuliers à l’informatique, ces fabricants peuvent exploiter de manière économiquement intéressante la masse des niches que représente les photographes désireux de feuilleter leurs œuvres, tout en offrant à chacun un produit unique et totalement personnalisé.

La production de livres photos personnalisés préfigure ce que pourrait être l’usine du futur, tout en étant déjà une réalité.

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Les leçons de l’histoire industrielle sont-elles applicables dans le futur ? Partie 1

Imaginer l’usine du futur sans préciser à quel horizon temporel elle devrait être opérationnelle est un exercice prospectif dans lequel toutes les utopies sont permises.

Cependant, notre réflexion est nécessairement influencée par nos expériences individuelles et la mémoire commune. Par ailleurs, l’adage « qui n’a pas de mémoire est condamné à répéter les mêmes erreurs » nous invite à une rétrospective critique, afin de ne pas reproduire dans le futur les erreurs ou mauvais choix qui ont pu être faits dans le passé.

D’où la question : les leçons de l’histoire industrielle sont-elles applicables dans le futur, l’expérience accumulée peut-elle guider les choix pour l’avenir ?


L’industrie au sens que nous lui donnons de nos jours est relativement jeune, comparée à l’histoire de l’humanité. Si l’on admet le milieu du 18è siècle comme instant de sa naissance, l’histoire industrielle compte moins de trois cents ans.

Durant cette période, diverses révolutions techniques et évolutions sociétales ont remis en question le modèle dominant. Le rythme de ces révolutions et remises en cause s’est régulièrement accéléré et chacune des transitions a invalidé un ou plusieurs axiomes sur lequel reposait le modèle :

  • L’avènement de la machine à vapeur libère des contraintes de la génération de force motrice limitée à la force musculaire humaine ou animale ou à celle de l’eau et du vent
  • Le moteur à explosion a remis en question l’utilité jusque-là indiscutable des chevaux
  • Le basculement de l’économie de pénurie dans l’économie d’abondance met à mal le modèle de production de masse
  • La chute du mur de Berlin ouvre les frontières, des alliances inimaginables se créent
  • La téléphonie mobile crée des opportunités d’applications et des secteurs économiques totalement nouveaux et insoupçonnés
  • L’avènement d’Internet donne à chacun l’accès au commerce mondial
  • L’imprimante 3D préfigure des moyens de production individuels mis à la portée du grand public

Ainsi, l’expérience acquise durant l’ère industrielle moderne et dominée par le modèle Tayloriste-Fordien de production de masse, qui a fortement influencé les choix et dont nous conservons un héritage conséquent, risque fort de ne pas être pertinent pour notre usine du futur, le paradigme ayant largement changé.


>Lire la seconde partie


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