Le Manufacturing à l’aube d’une ère nouvelle

Selon l’étude de notre confrère CapGemini Consulting et deux ans après la précédente étude “Are Manufacturing Companies Ready to Go Digital?” (2012) à propos des progrès de la transformation digitale des entreprises manufacturières, la position des entreprises a changé radicalement, passant de l’ignorance et du déni de l’impact des technologies digitales à la reconnaissance de la nécessité de digitaliser.

La transformation digitale est désormais vue comme essentielle pour assurer une compétitivité durable et un levier de croissance à moyen et long terme.

A l’origine de ce revirement, les premiers succès des pionniers qui leurs confèrent des avantages substantiels, de nature à remettre en question les paramètres traditionnels au sein des secteurs, ainsi que la diffusion de travaux d’associations professionnelles et think tank à propos de la prochaine révolution industrielle (industrie 4.0 ou smart manufacturing).

Malgré ce revirement d’opinion, la maturité digitale dans les entreprises manufacturières reste très faible.

Sur une échelle de 1 à 7, représentant respectivement une maturité très faible à très forte, l’industrie manufacturière ne dépasse guère la note de 3 sur les neuf axes étudiés, sauf pour l’excellence opérationnelle.

Le rapport de 32 pages au format PDF est disponible en ligne : http://www.de.capgemini-consulting.com/resource-file-access/resource/pdf/digitizing-manufacturing_0.pdf
Adaptation et traduction, Christian HOHMANN

Emploi industriel, une France coupée en deux

La France divisée sur le terrain de l’emploi industriel. C’est ce que révèle la carte publiée par L’Usine Nouvelle. Depuis 2000, l’industrie a perdu près d’un million d’emplois sur l’ensemble du territoire. Qui sont les dix villes gagnantes, qui sont les dix perdantes ? Réponse avec notre infographie.

Publié le 05 février 2014



La cobotique

La cobotique est un mot-valise, contraction de collaborative robotic (robotique collaborative). C’est un domaine qui se situe à l’intersection des sciences cognitives (description du comportement), de la biomécanique (modélisation du comportement) et de la robotique (production de comportement).

Le cobot se différencie du robot par le fait qu’il est dépourvu d’autonomie et reste dépendant de l’intention, du geste et du comportement de l’utilisateur. Il se retrouve le plus souvent dans les applications industrielles comme réponse aux tâches difficiles et pénibles.

Hercule l'exosquelette

Hercule l’exosquelette (crédit photo – DGA/COMM – Paco Ben Amar)

La robotique collaborative, c’est permettre à l’homme et au robot de collaborer dans le même environnement, sans qu’aucun ne se substitue à l’autre, mais en tirant le meilleur de chacun.

Le projet phare de la cobotique est l’exosquelette. Il permettra d’éviter les affres des troubles musculo-squelettiques et de l’augmentation d’endurance à la démultiplication d’efforts, cette technologie laisse augurer des potentialités considérables, transposables à nombre de secteurs.

La cobotique est une des réponses pour rendre nos industries plus compétitives. Le domaine intéresse également la Défense pour réaliser le soldat du futur. En effet le robot collaboratif épaulera le fantassin en opération, protégera le démineur ou assistera le pompier pour le port de tuyaux.


Jérôme BROSSIER est consultant au sein de la practice Solutions et Applications Industrielles d’ANEO


Les robots dans l’appareil productif français

La France est en pointe dans la recherche sur la robotique, mais son industrie dans ce secteur d’avenir reste sous-dimensionnée, comme le met en avant une étude réalisée pour la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) et le Syndicat des entreprises de technologies de production (Symop).

Pourtant la modernisation de notre outil de production passe par la robotique. Certaines filières comme l’aéronautique ont repensé leur fonctionnement industriel, cependant les petits sous-traitants ne suivent pas. Sur ce point les ETI allemandes toujours tournées vers l’innovation et les PME/PMI italiennes qui grâce à leur organisation en district sont très nettement en avance.

C’est pourquoi le ministère du redressement productif a annoncé en mars 2013 un plan national pour la robotique : France Robots Initiatives . Au menu de ce plan annoncé : la création d’un fonds de capital-risque dédié à la robotique de services et celle d’un programme d’aide à la robotisation ayant pour objectif d’équiper 250 PME.

La France se fixe pour objectif de compter parmi les leaders de la robotique et de développer une offre mondiale dans la robotique de service, dans la cobotique et dans les machines intelligentes. Ce plan a le mérite de montrer une volonté gouvernementale mais fait-il le poids face aux plans robotiques de Taïwan, de la Corée ou des Etats-Unis ? En effet, concernant les derniers, Barack Obama a annoncé sa révolution robotique dès 2011. M. Obama a annoncé une initiative de 70 millions de dollars ayant pour objectif « d’accélérer le développement et l’utilisation des robots aux Etats-Unis aux côtés, ou en collaboration avec les travailleurs.»

Malgré les 100 millions d’euros mobilisés par l’Etat et compte tenu de notre retard, la France pourra tout au plus revenir au niveau des leaders européens. Aussi, dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques, des choix douloureux seront fait et faute d’argent frais, la France n’aura pas les moyens de ses ambitions. On pourrait toutefois imaginer notre révolution robotique à l’échelle européenne. Cependant, la difficulté de nos instances européennes de faire une Europe de la défense ou de s’entendre sur une harmonisation fiscale ne laisse présager rien de bon quant à l’idée d’une stratégie industrielle commune.


Jérôme BROSSIER est consultant au sein de la practice Solutions et Applications Industrielles d’ANEO


Huit tendances manufacturing pour 2014

L’infographie livrée par Infosys résume huit tendances que les analystes et observateurs voient arriver en production industrielle.


1. des usines reconfigurables, ultraflexibles

C’est la promesse du concept Industrie 4.0 qui connaitra certainement des applications progressives mais qui ne devrait devenir une réalité à l’échelle de l’ambition de ses promoteurs que dans 10 à 20 ans. La création de standards pour l’interconnexion et le dialogue de tous les objets, ainsi que la sécurisation de ces systèmes nécessitera encore des développements.

2. les machines apprenantes et maintenance prédictive

La multiplication de capteurs, eux-mêmes doté d’une certaine intelligence, produira des flots de données que les techniques Big Data pourront analyser. De ces analyses se détermineront les corrélations mettant en évidence des scénarios optimum, des scénarios menant très probablement à des dysfonctionnements, etc.

La mémorisation de tout ce qui se passe permettra à cette intelligence artificielle d’affiner ses analyses et ainsi d’apprendre progressivement par accumulation d’expérience.

Des pannes quasi-certaines pourront être « prédites » avant leur survenue, autorisant la mise en sécurité des installations avant qu’un incident grave ne survienne, l’émission d’alertes précoces, le déclenchement de maintenance préventive, etc.

3. le pilotage des opérations par mobiles

Les smartphones et tablettes faisant désormais partie des objets familiers sinon usuels des personnels, des applications se développeront pour piloter la production, la superviser, contrôler la qualité, etc. Les personnels auront un accès temps réel à une masse de documents et fonctionnalités, qui donnera plus d’intérêt au travail, d’autonomie et améliorera la productivité.

4. L’Internet des objets

Il connecte(ra) tous les « objets » intelligents et apte à communiquer pour constituer des systèmes dynamiques dans lesquels ils collaborent ; rendre la circulation plus fluide, optimiser la consommation d’énergie…

5. l’impression 3D, de l’idée à l’objet

L’impression 3D autorise déjà le prototypage rapide ainsi que la production en petites séries. Des objets de forme complexes et fonctionnels peuvent être imprimés. La nature des matériaux imprimables va s’étoffer pour autoriser encore plus d’applications.

On peut imaginer des micro-usines uniquement équipées d’imprimantes 3D fabriquant de manière très flexible et réactive toutes sortes d’objets, y compris comestibles, en petites ou moyennes séries.

6. les réseaux sociaux viennent à l’industrie

Tout comme les mobiles sont familiers aux personnels, les réseaux sociaux le sont ou tendent à le devenir. Le partage d’informations rapide, simple trouve une application pour les opérations en usine :

  • demande d’avis sur la nature et/ou l’origine d’une panne, un dysfonctionnement, un problème
  • prévenir les collègues distants, donner une indication, une instruction
  • tenir une réunion dont certains membres sont distants ou ne peuvent facilement se déplacer sans perte conséquente de temps (autre bâtiment, salle blanche, salle stérile..)
  • Répondre à des clients rapidement aux clients
7. Le rôle de l’usine s’étend à l’après vente

Dans le domaine du business-to-business, les usines concentrent bien souvent les compétences, savoirs et données utiles au service après-vente. Un engin de terrassement neuf tombe en panne sur chantier ? L’usine connait son historique de son assemblage, le numéro de série du moteur…

Des informations précieuses peuvent être transmises aux techniciens partis en dépannage ou diagnostiquer l’engin en panne à distance.

8. La fabrication au plus près

La fabrication au plus près des consommateurs autorise des délais de livraison plus courts ainsi qu’une meilleure prise en compte des désirs de personnalisation.


Les cobots, compagnons-robots arrivent !

Ils peuvent travailler avec les humains, sans cage de protection, ils déchargent des tâches répétitives et/ou pénibles, ils sont performants, infatigables et pourraient faire chuter les coûts pour redonner de la compétitivité, veuillez accueillir… les Cobots !


Andrew le Cobot

Andrew le Cobot

En savoir plus sur Andrew, le Cobot

Les biologistes passent en moyenne deux heures par jour à effectuer des manipulations de liquides avec des pipettes devant leur paillasse. En divisant par deux ce temps de travail particulièrement répétitif, les gains de productivité remboursent le coût d’«Andrew» en une année.


Le robot Asimov fait son entrée chez Airbus

Asimov est un “cobot”, un robot collaboratif, spécialisé dans l’aide à l’assemblage d’éléments d’aérostructures sur des tronçons d’avion (../..) Il est installé sur une plateforme mobile et peut travailler avec une extrême précision à côté des compagnons. Le «cobot» Asimov ne ressemble en rien aux robots industriels qui opèrent dans des espaces confinés, loin de toute présence humaine et où ils accomplissent des travaux répétitifs de peinture, de soudage et de portage de pièces lourdes.

>Lire l’article sur le site du Figaro Véronique Guillermard, le 21/01/2014


Le plan France Robots Initiatives

La France se fixe pour objectif de compter parmi les cinq nations leader de la robotique dans le monde d’ici à l’horizon 2020 particulièrement en matière de robotique de service à usage personnel et professionnel, de développer une offre française mondiale en matière de cobotique et de machines intelligentes et d’accroître ses parts dans un marché en forte croissance dans les années à venir.

>Accéder au document (PDF) de la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (Dgcis)


Pourquoi s’intéresser au thème usine du futur ?

Administrateur ANEO : Pourquoi s’intéresser au thème usine du futur, pensez-vous que les usines ont encore un avenir en Europe ?

C.Hohmann

Christian HOHMANN : Oui bien sûr. Le besoin de produits tangibles subsistera, même dans un monde dématérialisé et dans lequel les services sont hautement valorisés. Il faudra bien continuer à les produire.

On ne peut pas non plus raisonnablement tout produire à l’autre bout du monde. Les délocalisations des industries fortement consommatrices de main d’œuvre ont montré un certain nombre d’inconvénients tels qu’une moindre maitrise des opérations, des délais et de la qualité parfois, ainsi que des difficultés liées aux contraintes réglementaires, douanières ou environnementales.

Les délocalisations ont été des opportunités saisies « toutes choses égales par ailleurs ». Aujourd’hui l’Europe et certains états Européens, ainsi que des industriels se posent la question d’une production industrielle performante et viable, locale, dans un contexte réglementaire, sociétal et technologique qui a évolué.

AA : Quel est l’intérêt d’ANEO de s’intéresser au thème usine du futur ?

CH : l’usine du futur est un thème qui est en lien avec une multitude d’autres, en relation avec les compétences et savoir-faire d’ANEO.

Nous nous devons de rester à la fois à l’écoute des changements en préparation et force de proposition pour les accompagner. L’ambition d’ANEO est d’innover, imaginer, tester et transformer des idées et intuitions d’aujourd’hui en éléments concrets pour demain, ce que rappelle notre devise : « The other solution ».

Par ailleurs, le futur en question n’étant pas défini, pas borné, on peut se livrer à l’analyse prospective des scénarios vraisemblables comme se laisser aller à imaginer de la pure science-fiction !


Christian HOHMANN est directeur au sein du cabinet ANEO


industrie 4.0

Quels emplois dans l’usine du futur ? Deuxième partie

L’industrie et le gouvernement allemands sont les promoteurs et chefs de file de la quatrième révolution industrielle annoncée, Industrie 4.0. Le but est clairement annoncé : procurer un futur pérenne à la production industrielle nationale et conserver le secteur de la machine-outil à la pointe.

Au-delà des promesses technologiques du concept Industrie 4.0, on se pose naturellement la question des incidences sur le travail humain, notamment pour la main d’œuvre la moins qualifiée.

Une étude de l’Institut Fraunhofer IAO et une réflexion prospective de l’éditeur SAP livrent des pistes en la matière.


La réflexion prospective de SAP: 6 Thesen zu Industrie 4.0

Les éléments exposés ci-après sont issus du site SAP.info

Six scénarios pour le travail du futur dans un contexte Industrie 4.0

Scénario 1: les Digital Natives définissent la manière d’exécuter le travail. Ils ne comprendraient pas pourquoi une entreprise, y compris de production, n’utilise de Smartphones pour piloter la production. Leur affinité avec les mobiles feront qu’ils seront à l’aise pour piloter d’autres appareils. Cette nouvelle génération capable de s’adapter rapidement aux nouvelles technologies va s’imposer par rapport aux personnels plus anciens.

Scénario 2: Industrie 4.0 va satisfaire davantage les personnels dans la mesure où ils pourront travailler de manière plus autonome que jamais. L’information sera disponible sur simple clic. Les technologies temps réel sont un prérequis pour que les personnels soient intégrés de manière précise et toujours à jour des données et informations. Cela ouvre de nouvelles perspectives en termes de créativité comme jamais auparavant.

Scénario 3: Industrie 4.0 va conduire les personnels à exécuter des tâches plus qualifiées que celles auxquelles leurs formations les préparaient. De fait, les personnels devraient être mieux formés et à d’autres compétences que ce n’est le cas jusqu’ici. Or le marché de l’emploi ne tient pas ces nouvelles générations de hauts potentiels en stock, ce qui implique que la formation permanente sera pour les collaborateurs une nécessité dès leur entrée en activité. Aujourd’hui cela concerne les ingénieurs hautement qualifiés, demain les spécialistes et après-demain tout un chacun. Chaque individu devra se tenir prêt à assumer des tâches plus complexes.

Scénario 4: les collaborateurs n’ont peut-être pas à se soucier de leurs compétences dépassées car la technologie sera adaptable est intelligente au point d’être une aide aux côtés des personnels dès que des informations complémentaires sont requises. Les lunettes à réalité augmentée Google Glass livrent un bon exemple en la matière. Les individus utilisent les assistances techniques même s’ils ne sont pas de la génération Y ou Z.

Scénario 5: Du fait de la pyramide des âges de la population, la plupart des individus vont devoir travailler plus longtemps. Grâce à des « supports de compétences », une nouvelle génération d’assistants industriels physiques et cognitifs, les tâches en voie de complexification pourront également être maitrisées par des personnels plus seniors.

Scénario 6: Industrie 4.0 va conduire à court terme à des besoins accrus de compétences pointues. Ces profils auront des latitudes de décision étendues, trouveront plus de satisfaction dans leur travail et augmenteront la productivité des processus, indépendamment de leur génération.

Aussi divers que sont ces scénarios, les chercheurs s’accordent sur un point : l’intelligence artificielle des systèmes cyber-physiques ne surpassera pas l’intelligence humaine ordinaire. Elle assistera, elle ne pilotera pas.

< Partie 1


Adapation française par Christian HOHMANN, directeur au sein du cabinet ANEO


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industrie 4.0

Quels emplois dans l’usine du futur ? Première partie

L’industrie et le gouvernement allemands sont les promoteurs et chefs de file de la quatrième révolution industrielle annoncée, Industrie 4.0. Le but est clairement annoncé : procurer un futur pérenne à la production industrielle nationale et conserver le secteur de la machine-outil à la pointe.

Au-delà des promesses technologiques du concept Industrie 4.0, on se pose naturellement la question des incidences sur le travail humain, notamment pour la main d’œuvre la moins qualifiée.

Une étude de l’institut Fraunhofer IAO et une réflexion prospective de l’éditeur SAP livrent des pistes en la matière.


L’étude Produktionsarbeit der Zukunft – Industrie 4.0 du Fraunhofer

Les éléments exposés ci-après sont issus du management summary de l’étude. L’original de cette synthèse, ainsi que l’étude intégrale peuvent être téléchargés sur le site de l’Institut Fraunhofer IAO.

Les années passées ont vues la plus importante crise économique depuis la fin de la seconde guerre mondiale puis le redressement rapide de l’économie (allemande), démontrant que la production (industrielle) est un garant de la pérennité de la compétitivité de l’économie allemande.

Les marchés volatiles et changeants, de nouveaux entrants et acteurs globaux, des  produits spécifiques aux clients et des processus de production complexes nécessitent des systèmes et des personnels réactifs et flexibles tout en conservant un haut niveau de qualité et productivité.

Des développements actuels, tel que Industrie 4.0, flexible Low-Cost-Automation et l’utilisation des médias sociaux et appareils mobiles y compris en production, ouvrent des voies nouvelles.

Ce contexte étant posé se pose la question : à quoi va ressembler le travail productif du futur ?

L’institut Fraunhofer IAO a mené une étude basée sur les questions suivantes :

  • Quels développements en matière de travail dans le domaine de la production attendent les entreprises allemandes ?
  • Quelles pistes de solutions émergent-elles pour le travail avec la mise en œuvre de nouvelles technologies telles que les applications mobiles, les systèmes Cyber-physiques (Cyber-Physischen-Systemen, CPS) et l’utilisation des medias sociaux en production ?
  • Quels impacts en termes de travail entrainera la tendance à la flexibilisation ?

But de l’étude

Le but de l’étude est d’identifier les facteurs critiques de succès pour un modèle productif du futur, innovant et compétitif.

Méthodologie de l’étude

L’étude se base sur une enquête portant sur 661 entreprises de production, en ligne et par voie postale. Pour les trois quarts des cas, les répondants étaient les dirigeants, responsables de site ou de production.

Cette enquête a été complétée par des interviews de 22 experts renommés de la production allemande, parmi lesquels des représentants d’entreprises innovantes dans le domaine de la high-tech et de la production, des scientifiques du domaine de la production et Industrie 4.0 ainsi que des représentants syndicaux et de corporations.

La synthèse des résultats

  • L’automatisation autorisera la production en séries toujours plus courtes, cependant la main d’œuvre restera une composante importante de la production.
  • La flexibilité est et reste un facteur clé pour la production en Allemagne, dans des délais cependant plus courts encore à l’avenir.
  • La flexibilité doit être davantage focalisée et systématiquement organisée à l’avenir. Une flexibilité générale ne suffit plus.
  • Industrie 4.0 signifie davantage que la mise en réseau de systèmes cyber-physiques. L’avenir est à la captation intelligente de données, leur stockage et partage par les objets et les individus.
  • Les systèmes de pilotage décentralisés se multiplient, mais un pilotage décentralisé et complètement autonome des objets n’est pas encore en vue.
  • Les aspects de sécurité et sureté des installations intelligentes doivent être pris en compte dès leur conception.
  • Les tâches traditionnelles des opérateurs et concepteurs vont encore converger. Les travailleurs en production prendront en charge davantage de tâches liées au développement des produits.
  • Les personnels devront être formés directement sur le job et à court terme à des tâches que l’on peut difficilement anticiper.

En synthèse

Les résultats reflètent les attentes actuelles, tant sur les aspects théoriques que pratique. Ils servent de base à une discussion quant à l’organisation du système productif pérenne et compétitif Allemand.

> Deuxième partie


Adapation française par Christian HOHMANN, directeur au sein du cabinet ANEO


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Usine-futur

Les méthodologies à l’épreuve de la quatrième révolution industrielle – Partie 5

Conclusion

Lean, Six Sigma ou la Théorie des Contraintes devraient toutes survivre la quatrième révolution industrielle, voire même y trouver une nouvelle jeunesse dans des cas d’applications nouveaux, différents et pour certains inédits.

Lean et Théorie des Contraintes devraient démontrer leur robustesse et leur aspect universel en s’appliquant naturellement, sans nécessité de révision ou réforme.

Je suis plus septique quant à Six Sigma. Je ne doute pas que cette méthodologie trouvera ses propres cas d’application et démontrera sa pertinence dans un environnement plus cybernétique, mais la masse de données produites et leur nature amènera à reconsidérer leur analyse et les outils pour les exploiter.

D’autant que les promesses des techniques autour du Big Data et du High Performance Computing mettront à disposition – dans un futur (très) proche – des outils et approches nouvelles.

Plutôt que d’appliquer les techniques statistiques à quelques paramètres critiques, c’est une approche holistique, globale, considérant de nombreux paramètres sous forme de scénarios qui devrait émerger.

Par ailleurs, tout le côté mathématique, science dure de Six Sigma peut être transféré aux machines et processus de contrôle, ce qui pose la question du besoin d’experts.

J’émets donc l’hypothèse de la survie de Six Sigma mais au prix d’une adaptation qui devrait être épargnées aux deux autres méthodologies.


Le terme conclusion, portant sur une réflexion prospective d’un futur potentiel à un horizon éloigné de 10 à 20 ans, ne peut être compris comme un avis définitif. C’est bien davantage une synthèse susceptible d’évoluer en fonction des développements, tant techniques que conceptuels.


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