Les technologies de pharma 3.0

Pharma 3.0 désigne, entre autres, l’interaction des consommateurs et patients avec les acteurs de la santé, ces derniers n’étant plus uniquement les acteurs traditionnels comme les laboratoires pharmaceutiques.

Illustration dans la vidéo ci-dessous

(source : http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/culture-geek/culture-geek-veiller-a-sante-chez-soi-21-02-178996/)


Imprimez vos dents

L’impression 3D ouvre de nouvelles perspectives enthousiasmantes, mais l’arrivée rapide de ces nouvelles techniques et le foisonnement des nouvelles possibilités offertes vont également bouleverser des secteurs d’activité, voire remettre en cause certains métiers.


L’orthodontie en impression 3D




>Lire une analyse sur l’impression 3D, innovation de rupture

Pharma 3.0

L’industrie pharmaceutique, longtemps épargnée des bouleversements qui affectaient d’autres secteurs d’activité plus exposés à l’hyperconcurrence et aux effets de la globalisation, se trouve à son tour obligée de revoir ses business models, son approche de la productivité, ses modes de distribution et sa communication / interaction avec le public.


Pharma 1,2, 3.0

Selon une étude du cabinet Ernst & Young, le modèle dit Pharma 1.0 correspond au modèle d’intégration verticale centré sur les blockbusters, les médicaments vedettes à grosses ventes et gros revenus.

Le modèle Pharma 2.0 est celui des laboratoires qui ont diversifié leur portefeuille d’activités en incorporant les médicaments génériques, les vaccins, des produits destinés à la santé animale, etc. et étendu leurs marchés aux pays émergents. Pharma 2.0 porte également des changements concernant la productivité et la performance financière au travers notamment de réorientations ou focalisations sur la « recherche de thérapies plus ciblées, la mise en place d’unités de R&D plus autonomes et plus souples, le développement de partenariats avec des sociétés de biotechnologie et des universités et l’externalisation de nombreuses fonctions ».

Alors même que les laboratoires pharmaceutiques continuent à mettre en œuvre des stratégies pour rester dans la course du modèle Pharma 2.0, leurs efforts pourraient bien être dépassés par un écosystème Pharma 3.0, où évoluent aux côtés des entreprises pharmaceutiques, des sociétés venant d’autres secteurs et des consommateurs de plus en plus avisés.
Source: http://www.ey.com/FR/fr/Industries/Life-Sciences/Progressions—Pharma-3

Pharma 3.0 (terminologie introduite par Ernst & Young) est une orientation stratégique pour les acteurs du secteur qui :

  • se focalise sur les patients, les consommateurs
  • engage des partenariats avec des acteurs non traditionnels du secteur
  • prend en compte les technologies et potentialités des applications mobiles

Pharma 3.0 n’est plus une affaire de seuls « pharmaciens » traditionnels car le public devient une partie prenante active au travers des réseaux sociaux, plus exigeante du fait de sa meilleure information et du sens critique partagé sur les réseaux.

Les autorités de tutelle, les sociétés d’assurance (mutuelles par exemple) ou les organismes tels que la sécurité sociale en France ont un regard plus critique sur les promesses des solutions proposées et sur le rapport bénéfice/coût. Ceci du fait des impératifs économiques mais également sous la pression sociétale.

De nouveaux acteurs du monde technologique tendent à proposer des solutions santé telles que le monitoring, la surveillance de paramètres à l’aide d’objets connectés ou l’exploitation des big data obligent les acteurs traditionnels du secteur pharma à revoir leur business model à nouveau.

Source: EY

Santé : faire le pari de l’innovation (Institut Montaigne)

Alors que les objectifs de sécurité nationale et industrielle sont gérés de concert dans le secteur de la défense, celui de la santé voit sa gouvernance éclatée en France. D’où une difficulté à rester compétitive mondialement, relève un rapport de L’Institut Montaigne, dévoilé en exclusivité par L’Usine Nouvelle.

Rapport innovation en santé

Industrie Pharma et falaise des brevets

L’expression « falaise des brevets » que l’on entend fréquemment dans le contexte de l’industrie pharmaceutique fait référence à l’effondrement brutal des revenus liés à certains médicaments.

Lorsque les brevets des médicaments best-sellers ou blockbuster tombent dans le domaine public cela entraîne pour le laboratoire qui les détenaient un très important manque à gagner. En effet, la fin de la protection par les brevets autorise la reproduction des médicaments par des versions dites « génériques ». Or les génériqueurs n’ont pas à amortir les dépenses de recherche et produisent par conséquent à coûts nettement plus réduits. De plus ils tendent à livrer une guerre des prix entre eux.

PatentCliff_iconDès que les versions génériques arrivent sur le marché, les ventes des médicaments originaux tendent à s’effondrer. Comme certains laboratoires sont très dépendants des ventes d’un petit nombre de ces produits phares, l’effondrement brutal des revenus fait l’effet d’une falaise de laquelle ces revenus tombent. Tout du moins sur les graphiques de ventes.

Cet effondrement des revenus des laboratoires pharmaceutiques est dû à un double phénomène :

  • L’alternative moins chère offerte par les génériques
  • La pression des gouvernements pour maitriser les dépenses publiques de santé (déremboursements, baisse des remboursements, promotion des génériques, etc.)

Comme peu de médicaments génèrent suffisamment de profits pour couvrir l’ensemble des coûts de recherche et de développement engagés, les laboratoires qui perdent la protection des brevets de leurs produits phares peuvent être confrontés à de sérieux problèmes de revenus.

Était-ce prévisible ?

A priori la protection des brevets offre une forme de visibilité puisque la protection coure en principe sur 20 ans. Il devrait donc être possible de gérer le portefeuille produit en intégrant cette donnée.

Ce qu’il n’est pas toujours possible d’anticiper, ce sont les médicaments initialement prometteurs qui sont abandonnés une fois les dépenses de recherche et développement engagées.

Sur un horizon aussi lointain, les politiques gouvernementales et les décisions des autorités de tutelle ou réglementaires ne sont pas non plus toutes identifiables suffisamment à l’avance.

La pression des actionnaires, de la bourse, etc. ont influencé les stratégies individuelles des laboratoires, qui pour certains ont privilégié la rentabilité et la focalisation sur des médicaments traitant des maladies courantes dans les pays riches. Ceci assure volume et solvabilité et donc rentabilité.

Cette recherche de rentabilité a probablement également pesé sur les choix des projets de recherche à engager pour s’assurer un portefeuille comportant de futurs médicaments vedettes.