La cobotique

La cobotique est un mot-valise, contraction de collaborative robotic (robotique collaborative). C’est un domaine qui se situe à l’intersection des sciences cognitives (description du comportement), de la biomécanique (modélisation du comportement) et de la robotique (production de comportement).

Le cobot se différencie du robot par le fait qu’il est dépourvu d’autonomie et reste dépendant de l’intention, du geste et du comportement de l’utilisateur. Il se retrouve le plus souvent dans les applications industrielles comme réponse aux tâches difficiles et pénibles.

Hercule l'exosquelette

Hercule l’exosquelette (crédit photo – DGA/COMM – Paco Ben Amar)

La robotique collaborative, c’est permettre à l’homme et au robot de collaborer dans le même environnement, sans qu’aucun ne se substitue à l’autre, mais en tirant le meilleur de chacun.

Le projet phare de la cobotique est l’exosquelette. Il permettra d’éviter les affres des troubles musculo-squelettiques et de l’augmentation d’endurance à la démultiplication d’efforts, cette technologie laisse augurer des potentialités considérables, transposables à nombre de secteurs.

La cobotique est une des réponses pour rendre nos industries plus compétitives. Le domaine intéresse également la Défense pour réaliser le soldat du futur. En effet le robot collaboratif épaulera le fantassin en opération, protégera le démineur ou assistera le pompier pour le port de tuyaux.


Jérôme BROSSIER est consultant au sein de la practice Solutions et Applications Industrielles d’ANEO


Les robots dans l’appareil productif français

La France est en pointe dans la recherche sur la robotique, mais son industrie dans ce secteur d’avenir reste sous-dimensionnée, comme le met en avant une étude réalisée pour la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) et le Syndicat des entreprises de technologies de production (Symop).

Pourtant la modernisation de notre outil de production passe par la robotique. Certaines filières comme l’aéronautique ont repensé leur fonctionnement industriel, cependant les petits sous-traitants ne suivent pas. Sur ce point les ETI allemandes toujours tournées vers l’innovation et les PME/PMI italiennes qui grâce à leur organisation en district sont très nettement en avance.

C’est pourquoi le ministère du redressement productif a annoncé en mars 2013 un plan national pour la robotique : France Robots Initiatives . Au menu de ce plan annoncé : la création d’un fonds de capital-risque dédié à la robotique de services et celle d’un programme d’aide à la robotisation ayant pour objectif d’équiper 250 PME.

La France se fixe pour objectif de compter parmi les leaders de la robotique et de développer une offre mondiale dans la robotique de service, dans la cobotique et dans les machines intelligentes. Ce plan a le mérite de montrer une volonté gouvernementale mais fait-il le poids face aux plans robotiques de Taïwan, de la Corée ou des Etats-Unis ? En effet, concernant les derniers, Barack Obama a annoncé sa révolution robotique dès 2011. M. Obama a annoncé une initiative de 70 millions de dollars ayant pour objectif « d’accélérer le développement et l’utilisation des robots aux Etats-Unis aux côtés, ou en collaboration avec les travailleurs.»

Malgré les 100 millions d’euros mobilisés par l’Etat et compte tenu de notre retard, la France pourra tout au plus revenir au niveau des leaders européens. Aussi, dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques, des choix douloureux seront fait et faute d’argent frais, la France n’aura pas les moyens de ses ambitions. On pourrait toutefois imaginer notre révolution robotique à l’échelle européenne. Cependant, la difficulté de nos instances européennes de faire une Europe de la défense ou de s’entendre sur une harmonisation fiscale ne laisse présager rien de bon quant à l’idée d’une stratégie industrielle commune.


Jérôme BROSSIER est consultant au sein de la practice Solutions et Applications Industrielles d’ANEO